Articles avec le tag ‘Delcourt’

L’affaire Sugaya : une semaine / un manga, avec Couleur3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De La Fnac chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : L’affaire Sugaya de Hiroshi Takano et Kenichi Tachibana, chez Delcourt.

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Avis aux aficionados de Faites entrer l’accusé, L’affaire Sugaya est pour vous !

Cette histoire vraie d’un homme accusé à tort, comme nous l’annonce la couverture, est une plongée fascinante dans la société japonaise contemporaine.

1991. Toshikazu Sugaya est condamné à l’emprisonnement à perpétuité pour l’enlèvement, le viol , la torture et le meurtre de Mami, âgée de quatre ans. 2007. La Nippon Television Network Corporation lance une nouvelle émission nommée Action, qui suivra plusieurs équipes de journaliste-reporter. Réalisateur en chef, Kiyoshi Shimizu décide de mener une enquête sur plusieurs meurtres et viols de petites filles, survenus dans la même zone géographique du Kita-Kanto. Shimizu sent que Sugaya est innocent, car si c’était vraiment lui le coupable, pourquoi aurait-il été condamné pour un seul meurtre et pourquoi ces mêmes meurtres continuent-ils même après son emprisonnement. Pendant deux ans, lui et son équipe vont décortiquer tout les documents officiels, retourné plusieurs fois sur place, faire des reconstitutions, pour qu’enfin la vérité éclate.

Très fidèle aux faits réels (voir le dossier documentaire en fin de volume), L’affaire Sugaya est un manga documentaire, qui nous emmène dans les méandres d’une enquête froide, à la recherche d’une vérité que personne ne veut entendre. Entre erreurs judiciaires, émotions des familles et détermination des journalistes, le récit ne fait aucune concession et nous livre tel quel les évènements.

Une affaire passionnante et fascinante sur la justice et le deuil.

Otakuland : une semaine / un manga, avec Couleur3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De La Fnac chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : Otakuland de Walder, chez Delcourt.

Cette semaine, je ne vous parle pas d’un manga, mais d’une BD déguisée en manga. Entièrement réalisée par un jeune auteur genevois, Otakuland est la curiosité de ce début d’année, un OVNI stylisé, intelligent et prenant.

Dans un Tokyo contemporain et plus cosmopolite que jamais, trois amis vivent leur vie d’otaku chacun à sa manière. Yota est passionné de manga, d’anime et de tout ce qui s’en rapproche. Il vit entre son minuscule appartement et les manga-shop, dans un univers qu’il s’est construit depuis son plus jeune âge. Sa passion est sa respiration.  Koi, lui, est livreur de films pornographiques et sillonnent les rues de la ville. A chaque porte qui s’ouvre, il découvre une personne, un regard, une attitude. Ce sont les relations entre les gens qui occupent la plupart de ses pensées. Il essaie de comprendre comment cela fonctionne. Enfin, Jibun est graphiste-illustrateur et passe ses journées devant un écran à travailler sans relâche, rêvant d’une trêve et de repos. Vivant dans une réalité souvent aliénante, ces trois personnages s’en évadent d’une façon ou d’une autre, mais ils ont tous en commun un endroit calme, coloré et fantastique où personne ne les juge : Otakuland !

L’otaku est une personne passionnée de jeux-vidéo, de manga, d’anime et de produits dérivés, qui vit le plus souvent en retrait de la société qui l’entoure. Souvent présenté comme péjoratif, ce terme est galvaudé depuis quelques années, à cause de documentaires télévisuels, n’illustrant que le côté maladif et asocial de ces personnes. Bien sûr, ces caractéristiques sont à prendre en compte, mais ils ne constituent  en aucun cas toute la définition de l’otaku, bien au contraire. L’image occidentale de l’otaku peut ainsi se résumer à une personne maladivement timide, esseulée, renfermée sur elle-même et vivant dans un univers fantasmagorique, souvent aux aspects enfantins. A vrai dire, cette description correspond plus à al pathologie psychosociale reconnue des hikikomori, qui s’enferment littéralement chez eux et s’isolent complètement du monde extérieur. Cette confusion est très fréquente et elle entache malheureusement l’image de l’otaku. Et c’est justement à cette fausse idée que Walder s’attaque indirectement dans Otakuland.

Fier d’en être lui-même un, il fait évoluer ces trois otaku avec une humanité et un amour évident. Pour lui, ce sont avant tout des êtres à part entière, avec leurs propres peurs, habitudes et schémas psychologiques. L’un se pose des questions sur l’amour et sur le sexe, l’autre a du mal à comprendre les gens qui vivent le métro-boulot-dodo. Des interrogations légitimes et communes. On arrive donc rapidement à se familiariser, voir s’identifier à ces personnages qui, finalement, sont comme n’importe lequel d’entre nous. Walder nous dit quelque soit le moyen d’évasion, chacun est libre de choisir le sien : le cinéma, les livres pour certains, les mangas et les anime pour les autres. Il redonne ainsi aux otaku leur humanité et leur décolle cette étiquette de freaks.

Et si le fond est tout à fait louable, la forme l’est d’autant plus. Utilisant une narration simple et lisible, Walder se sert des pensées de ses personnages pour nous immerger dans leur monde. Le matériau est donc brut et direct. Là où certains pourraient y voir de la naïveté ou de l’intellect, je préfère y voir de l’instinct. Les thèmes abordés sont universels et ont été traités mainte et mainte fois au cinéma ou dans la littérature, mais rarement de manière aussi dépouillée que dans Otakuland. Car ces thèmes sont d’habitude plongés dans un récit ficelé, parfois complexe, mais toujours avec un sous-texte. Ici, Walder va à l’essentiel et expose ces pensées telles quelles, sans peur d’être jugé. Ce qui donne à l’intrigue une authenticité certaine et une véracité rare. Walder sait de quoi il parle et ça se voit, ça se sent.

Puis, bien sûr, il y a le graphisme. On voit immédiatement que Walder a une patte, un style. Certes influencé par le trait japonais, il ne se contente pas reproduire, mais créé quelque chose de totalement nouveau, un mélange hybride et étrange jamais vu auparavant. Puis, les couleurs arrivent et finissent de nous convaincre. Punchy et nuancées, elles ressemblent aux néons des boutiques tokyoïtes qui occupent chaque mètre d’espace urbain. On s’en prend plein les yeux, on est parfois déstabilisé, mais toujours vers le bon côté.

Deuxième album de ce jeune auteur genevois, Otakuland peut facilement être qualifié de rafraîchissant et bourré d’ondes positives. Après un premier aspect étrange, fun et fantastique, le récit se révèle être psychologique, défoulant et très humain.

La colline aux coquelicots : une semaine/un manga, avec Couleur3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De La Fnac chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : La colline aux coquelicots de Chizuru Takahashi et Tetsuro Sayama, chez Delcourt.

Ce mercredi, sort dans les salles obscures La colline aux coquelicots, le dernier dessin animé des Studio Ghibli. A cette occasion, Delcourt édite pour la première fois en français le manga du même titre qui a inspiré Goro Miyazaki. Datant de 1980, cette œuvre complète nous fait découvrir une autre facette du shojo.

Umi est une jeune fille en fleurs, tout ce qu’il y a de respectable. Miliaire, son père a disparu en mer et sa mère a abandonné sa famille pour fuir aux États-Unis. Seule avec sa grand-mère, elle gère la maison familiale, qui accueille plusieurs pensionnaires de tous horizons. Également lycéenne, elle essaie tant bien que mal de tout gérer de front, toujours avec enthousiasme et bonne humeur. L’intrigue se développe lorsque l’emblématique ancien foyer des élèves, le Quartier latin, est menacé de destruction. Umi s’engage pour sa préservation et rencontre ainsi Shun. Une romance douce va naître entre eux, mais un secret de famille va vite venir l’entacher.

Manga à l’humour loufoque et léger, La colline aux coquelicots est une surprise pour le lecteur peu friand de shojo que je suis. En effet, ici pas de mièvreries, ni d’humour pantouflard et frénétique, mais un récit d’abord dramatique, puis comique, dans la plus pure tradition des manga des années 1970. L’intrigue suit une trame certes classique, mais n’en tire pas moins un grand force émotionnelle de ses personnages et de leur interactions, contrairement aux shojo contemporains qui enchaîne les situations répétitives et stéréotypées. On a même parfois l’impression d’être devant un roman russe, qui nous parle d’une époque difficile, mais profondément humaine. Mais, La colline aux coquelicots est surtout le premier manga a donné la part belle aux femmes. En adéquation avec les problématiques de son époque, Chizuru Takahashi et Tetsuro Sayama nous parlent de l’implosion du modèle familial traditionnel, de la future place de la femme et d’une société en pleine mutation capitaliste.

Ce mélange de drame, de comédie et de social font de ce manga une curiosité étonnante, qui nous ouvre une de plus les yeux sur une période charnière du Japon, tout en nous faisant sourire et peut-être pleurer.

Toujours à l’occasion de la sortie de La colline aux coquelicots sur nos écrans romands, c’est cette-ci Glénat qui nous propose le livre officiel du film, qui résume l’intrigue, accompagné d’une multitude de captures du film. On y  découvre les moments clés avec des couleurs sublimes et éclatantes. Et même si le trait Ghibli est toujours le même, surtout au niveau des personnages, les décors sont, eux, encore plus éblouissants qu’à l’accoutumée. On a presque l’impression d’être devant une peinture, tellement les nuances sont maîtrisées et l’ambiance de l’époque restituée. On a, du coup, encore plus hâte de découvrir ce nouveau long-métrage !

Incognito : Comic of the Week #05

Remanier le mythe du super-héros est décidément à la mode ! Initié en 1986 par Watchmen et The Dark Knight returns, ce principe est aujourd’hui devenu un phénomène, avec en tête Kick-Ass, Super, The Authority, Supreme ou encore Civil War. Plus la production augmente et plus il est difficile de tirer son épingle du jeu ou de trouver une nouvelle idée valable et accrocheuse. C’est ce que Mark Millar, spécialiste du genre, a essayé de faire avec Nemesis, en redéfinissant le mythe du vilain. Excitant et divertissant, mais pas assez jusqu’au-boutiste. Et c’est là qu’Ed Brubaker entre dans la danse avec Incognito, un concept original à l’exécution mignolienne.

Ancien terroriste et criminel, Zack Overkill est passé du bon côté. Mais jamais assez prudents, les « gentils » le médicamentent pour inhiber ses pouvoirs. Car oui, Zack est une expérience de laboratoire qui a mal tourné, mais qui a conservé une force surhumaine. Et à la place de devenir juste et droit, il s’est mis au service de Black Death, au côté de son frère. Aujourd’hui, il fait parti du programme de protection des témoins et est devenu un archiviste anonyme. Jusqu’au jour où il découvre que fumer un pétard lui redonne ses pouvoirs et qu’il va enfin pouvoir reprendre son activité (à l’insu de son contrôleur), mais pour cette fois-ci rendre justice, à même la rue.

Après l’essai réussi de Sleeper, qui suit les mésaventures d’un policier aux pouvoirs dont il se serait bien passé, Ed Brubaker se lance dans Incognito avec la même idée en tête : marier polar et super-héros. Pari réussi dès la scène d’ouverture qui, à la manière d’un Frank Miller des bonnes années, nous entraîne au côté du personnage principal, qui semble s’adresser directement à nous, tout autant qu’à lui. On plonge alors sans préambule dans l’action et on devine au fur et à mesure la situation délicate dans laquelle Zack Overkill se trouve. A partir de là, les pauses se font rares, mais sont bien dosées. Le style est dense et nous rappelle encore une fois Batman Year One, dans l’immédiateté des situations. Le rythme et les révélations sont légions. Bref, on se trouve devant un comic-book entraînant à l’ambition égale aux moyens mis en œuvre.

En effet, Brubaker et Phillips n’en sont pas à leur coup d’essai. Déjà compères sur les très bons Criminal et Sleeper, chacun maîtrise son rôle et complète les lacunes de l’autre, quand besoin est. Il en ressort une homogénéité et une adéquation flagrante entre dialogues et action. Ce qui permet un rythme plus soutenu au niveau du découpage et de la narration. Ainsi, Incognito se compose de deux mini-séries, dont la deuxième, Bad Influences, vient de paraître en français chez Delcourt.

Mais au-delà de l’aspect divertissant, Brubaker s’efforce aussi et surtout de redéfinir l’image de antihéros. Il emprunte ainsi à ses prédécesseurs toute une armada de techniques pour en faire un mélange nouveau et pourquoi pas novateur. A Moore, il prend la décevante humanité, à Miller la noirceur radicale, à Mignola l’humour décalé et à Millar le dynamisme submergeant. Il y ajoute bien sûr sa patte aux accents pulp et crée ainsi une nouvelle mythologie du super-héros, sans donner l’impression d’y toucher.

Sean Phillips, lui, donne corps à ces innombrables péripéties avec une rigueur surprenante. Son trait gras reflète parfaitement l’ambiance nocturne qui habite chaque page et ses cadrages donnent une stabilité nécessaire au récit et l’encre dans une réalité, qu’on aurait parfois tendance à oublier. Il nous remet les pieds sur terre, tout en illuminant la crasse dans laquelle Overkill finit toujours par retomber.

Comic of the Week #02 : La ligue des gentlemen extraordinaires Century 1969.

Alan Moore, Alan Moore, Alan Moore… ces deux mots suffisent désormais à légitimer la sortie d’un comic-book tout les cinq ans. En effet, c’est le temps qu’il a fallu attendre avant de voir débarquer ce deuxième volet du nouveau cycle de La ligue des Gentlemen Extraordinaires : Century… qui plus est après plusieurs reports pour le moins frustrants. Le bonhomme prend son temps, relit, réécrit et il a bien raison, car à chaque livraison, il côtoie toujours la perfection. Ce Century 1969 continue donc la réflexion lancée en 1910 sur l’évolution des mœurs vis-à-vis de la pop-culture, à travers le XXème siècle.

En 1910, nous quittions donc Wilhelmina Harker et son équipe dans un Londres en proie à la destruction et à l’anarchie. Ils avaient réussi à contrecarrer les plans d’Oliver Haddo et de son culte, qui visaient à incarner L’enfant de la Lune, synonyme de fin du monde. 59 ans plus tard, en 1969 (11 ans après les évènements du Black Dossier), ils sont rappelés pour enquêter sur l’étrange mort de Basil Fotherington-Thomas, une star montante du british-rock. Ils découvriront rapidement que Haddo est encore derrière tout ça et qu’il compte bien réitérer ses méfaits du début du siècle.

Comme à son habitude, Alan Moore maîtrise son sujet de bout en bout. Il se penche cette fois-ci sur le mouvement psychédélico-hippie-rock du Swinging London de la fin des années 1960. « Quand on les a vécues, c’est forcément plus facile », me direz-vous. Mais même si le jeune Moore, alors âgé de 16 ans, était sorti de sa campagne pour s’oublier un peu à Londres, il n’aurait sûrement pas vu tout ce qu’il se passe dans ce volume, tellement il est dense. Quoiqu’il en soit, la narration est à nouveau d’une fluidité et d’une exactitude ébouriffante. Chaque case est utilisée à son maximum et recèle souvent un niveau de lecture supplémentaire. Chaque dialogue est précisément dosé pour créer un rythme de sonorité et de syllabes (du moins dans sa version anglaise). En d’autres termes, le vieux bonhomme n’a pas perdu une once de talent, depuis ses débuts avec Swamp Thing et V for vendetta ! Au contraire, il semble que son style gagne en subtilité et en simplicité au fil des albums, mais ne perd rien de sa pertinence.

Encore une fois, et à l’instar des autres volumes de La Ligue des gentlemen extraordinaires, Moore s’amuse à disséminer des références culturelles qui témoignent de l’époque et de l’état d’esprit qui pouvait y régner. Les plus évidentes sont, bien-sûr, celle de Terner qui organise un concert à la mémoire de Basil et qui est basé sur le personnage qu’interprète Mick Jagger dans le film Performance (1970). Ce même Basil est directement inspiré du personnage du même nom, héros d’une série de livre jeunesse à succès des années 1950, écrite par Geoffrey Willans. Il y a aussi Kosmo Galion, tenancier d’une boutique divinatoire, qui rend hommage à un vilain de la série TV britannique The Avengers de 1963. Et pour ceux qui seraient encore plus curieux, Jess Nevins, auteur de pulp et spécialiste de La Ligue, a annoté chaque case de Century 1969 ici : un travail fascinant conseillé aux aficionados.

Mais ce qui fait rend cette lecture d’autant plus passionnante, au-delà de la maîtrise technique et narrative, ce sont ces personnages qui, derrière leurs airs de super-héros imperturbables, sont d’une humanité évidente, et souvent exaspérante. Comme dans Watchmen, plus ils sont extraordinaires et plus ils sont, paradoxalement, ordinaires. Comme si leur statut exclusif leur pesait trop pour ne pas avoir d’échappatoire. Leur manière de redresser la balance et de se délester de ce poids est alors d’atteindre l’autre extrême, en ayant des comportements banals, parfois même brutaux. Il leur arrive alors de tomber dans la violence ou la débauche, pour certains, dans les sentiments profonds et l’amour, pour d’autres. On se rappelle l’épisode marquant du deuxième cycle de la série, lorsqu’il l’homme invisible agresse et viole Wilhelmina et que, plus tard, Hyde lui rend la pareille, dans une scène de vengeance anthologique. Le spectre des émotions et des agissements humains est ainsi savamment couvert, de manière à rendre le lecteur aussi sensible à ces derniers qu’aux évènements surnaturels qui se produisent à intervalles réguliers. Ce nouvel opus obéit donc aux mêmes règles que ces prédécesseurs et s’en donne à cœur joie dans cet univers douteux de drogues, de sexe et de rock n’ roll, où l’étrange est du coup plus difficile à repérer pour nos chers gentlemen.

En parallèle, Moore s’attèle également à dresser le portrait d’une époque souvent idéalisée et en proie aux clichés. Les arrière-plans, la foule et les décors regorgent de références et de détails à la justesse qui n’a égale que la richesse de cet environnement. Et c’est là que le rôle de Kevin O’Neill est essentiel, car il sait donner à cette intrigue déjà riche un degré de plus, qui amène ce comic-book vers une cohérence de tout les instants. Son trait sûr et minimaliste donnent vie à une multitude d’ambiances et de situations qui, en ajoutant les couleurs flashy de Dimagmaliw, deviennent saisissantes.

La ligue des gentlemen extraordinaires : Century 1969 est une preuve irréfutable de la bonne santé d’Alan Moore, un évènement en soit et un plaisir trop rare. A déguster avec érudition et plaisir coupable.

A lire : Alan Moore : an extraordinary gentlemen, interview passionnant donné pour The Guardian, le 25 juillet 2011.

La ligue des gentlemen extraordinaires Century – 1969, Alan Moore – Kevin O’Neill – Ben Dimagmaliw, paru chez Delcourt le 18 octobre 2011.

Shinjuku Fever : une semaine / un manga, avec Couleur3

Copyright Kubo et DelcourtChaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De La Fnac chronique un manga de son goût : une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : Shinjuku Fever de Mitsurou Kubo, chez Delcourt.

Fuku ne sert faire qu’une chose : supporter l’équipe de base-ball de son lycée. Mais lorsqu’il arrive à ses 18 ans, le lycée se termine et Fuku va alors se rendre à Shinjuku pour préparer son inscription à la faculté. Mais vite emporté par le tourbillon de la vie tokyoïte, il va se retrouver hôte dans un hostclub, où il va s’évertuer à supporter les femmes avec qui il passe ces soirées. Manga à la fraicheur revigorante, Shinjuku Fever réussit avec habileté le mix entre plusieurs genres. L’humour idiot, les romances, les twists, etc. : tout est bien dosé et ne tombe jamais dans la surenchère, contrairement à la plupart des séries actuelles qui surabondent de répétitions de situations et d’humour à outrance. Shinjuku Fever va même plus loin et met en place une dimension sociale et émotionnelle certaine, chose assez rare dans ce genre d’intrigue. Ce manga est donc une très bonne surprise, car il prend le meilleur du manga divertissant et le dose à merveille !

Mad Love Chase : une semaine, un manga avec Couleur3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De LA Fnac chronique un manga de son goût : une découverte, un classique ou une curiosité.

Copyright Takashima et DelcourtCette semaine : Mad Love Chase de Kazusa Takashima, chez Delcourt.

Le prince des enfers doit se marier avec une puissante démone. Malheureusement, elle n’est pas à son goût et les mariages arrangés non plus. Il vole donc la clef du royaume des humains à son père et décide d’aller vivre au Japon, sous la forme d’un lycéen lambda, toujours à la recherche de l’amour. Car oui, notre prince démoniaque est un grand romantique. Mais ni une ni deux, son père va lancer à sa recherche un vampire, un zombie et un loup-garou, les trois espèces qui ont déjà parcouru le monde des Hommes. Ils devront le reconnaître grâce au tatouage qu’il porte sur son dos entier. Mais, dans un lycée, tout le monde porte une chemise et déshabiller les gens sans raison paraîtrait un peu étrange, non ?

Des couvertures flamboyantes, une intrigue entre shojo et shonen, des personnages attachants, un humour omniprésent, un suspens insoutenable et de l’action à ne plus en pouvoir. Mad Love Chase est de plus une série courte (5 volumes), qui devrait ravir un public large et décomplexé. À découvrir !

 

À écouter sur Couleur3, dans l’émission El Blablo, aux alentours de 16h30 tous les lundis.

Ou en podcast, ici.

 

Les expositions de BD-FIL 2011 révélées.

Les expositions qui seront présentes lors du BD-FIL 2011 viennent d’être révélées. Une bonne nouvelle pour tous les BD-philes qui auront de quoi se mettre sous la dent du 9 au 11 septembre prochain. Voici la liste des expositions :

- Loustal – Chambres avec vues : exposition de l’invité d’honneur avec plus de 200 œuvres originales.

- La couleur dessinée : une sélection de 100 planches originales, provenant du Fond Patrimonial de Bande-dessinée de la Bibliothèque Municipale de Lausanne. Ayant pour dénominateur commun la couleur directe, ces dernières rendront hommage aux grands aux grands dessinateurs-coloristes, tels Gibrat, Lepage, Mattotti, Bilal, De Crécy, Rosinski, …

- Fritz Haber – Vandermeulen : auteur autodidacte, David Vandermeulen s’est lancé dans une autobiographie dessinée de la vie de Fritz Haber, l’inventeur juif du gaz Zyklon B. Les planches originales à l’aquarelle et à l’eau de Javel seront exposées dans une msie en scène étonnante.

- Delcourt – Couvertures d’histoires : à l’occasion de ses 25 ans, Delcourt nous présente dix couvertures qui ont marqué son histoire. Tout le processus de création sera présenté, des croquis à la planche finale, en passant par les corrections. On y retrouvera entre autres Walking Dead, Le Vent dans les saules, Pourquoi j’ai tué Pierre et Ida.

- Journalisme BD : rétrospective présentant neuf œuvres du BD journalisme, cette exposition s’attarde sur le rôle du neuvième art dans le témoignage, le reportage et l’enquête. Avec Sacco, Sattouf, Davodeau, Meurisse, etc.

- Berthod – Ramuz : carte blanche à l’auteur valaisan Matthieu Berthod, qui a adapté Ramuz dans L’homme perdu dans le brouillard.

- Les sept péchés capitaux : pour sa septième édition, BD-FIL a commandé à sept auteurs féminins et sept auteurs masculins leur interprétation d’un des péchés capitaux.

- Dessinateurs de demain : comme chaque seront présentés les travaux reçus dans le cadre du concours de dessinateurs BD. Le thème de cette année : « Un monde sous nos pieds ».

- Fireboxes 2 : déjà proposée au BD-Fil 2009, cette exposition sera augmenté de 14 nouvelles œuvres. Il s’agit pour les auteurs de créer un BD sur une boîte d’allumettes !

- Trope-Scope : reprise l’exposition du Sismic Festival 2010, cette exposition propose dix zootropes à chevaucher. Avec la participation de Baladi, Long,  Pena et Ben.

 

On se réjouit donc de cette sélection, qui comme à l’accoutumée, nous propose du pointu, du grand public et de la découverte.

Rendez-vous du 9 au 11 septembre à la Place de la Riponne et ses environs pour vivre le festival de BD romand par excellence.

Pour plus d’infos : www.bdfil.ch

 

Joyeux Anniversaire Delcourt !

 

2011 est l’année où Delcourt fête ses 25 ans d’existence. Et pour cela, l’éditeur a fait les choses en grand : un site anniversaire a été créé pour suivre cette année particulière (cliquer ici )

C’est l’occasion pour nous et vous chers lecteurs, d’en apprendre plus sur cet éditeur aux 2500 titres (bandes dessinées et mangas compris).

Vous y découvrirez une biographie du fondateur Guy Delcourt ainsi que les grandes dates de ses éditions (qui ont été marquées par de grandes séries à succès telles que Sillage et Les blagues de Toto, sans oublier le succès de l’année 2010 Happy Sex ).

Cette année de nombreuses expositions mettront à l’honneur notre éditeur. Il y sera question d’une rétrospective des titres parus (avec de nombreuses planches originales) ainsi que de l’explication de la fabrication d’un livre. D’ailleurs, Lausanne en accueillera une au mois de septembre lors de son festival de la bande dessinée (plus d’infos dès que possible)

Enfin, 12 ouvrages majeurs du catalogue ont été réimprimés en éditions limitée et sont disponibles dans vos magasins Fnac depuis le 4 mai.

Dépêchez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde !!!

Un petit lien vers le site des éditions Delcourt pour se tenir au courant des dernières nouveautés.

Celluloid, ou l’érotisme à son apogée

Copyright McKean et DelcourtUne femme rentre chez elle. Son mari n’est pas à la maison, il a beaucoup de travail ce soir et ne sera là que tard. Elle se résout à passer la soirée seule. Après un bain chaud, elle erre nue dans l’appartement, s’allonge sur le canapé, essaie de trouver une occupation. Elle découvre alors un projecteur et une bobine prête à l’emploi, posés sur la table du salon. Surprise, elle le met en marche et un deux corps en plein coït se reflètent sur le mur blanc. Copyright McKean et DelcourtSes doigts commencent alors à descendre vers son entre-jambes et sa tête se renverse de plaisir sur l’accoudoir du canapé. Puis, la scène se termine et une porte s’affiche. Elle s’en approche, méfiante. Elle l’ouvre et finit par franchir le pas. La voilà entrer dans le monde de ses fantasmes les plus inavoués et le voyage ne fait que commencer…

Poitrines fermes, langues charnues, nuques sensibles, cuisses offertes, tétons saillants, mains expertes, corps en sueur, chorégraphie divine… Celluloid nous emmène sans préavis dans les landes encore inexplorées du plaisir, là où la chair s’abandonne et où les sens s’enflamment. Sans texte, Celluloid fait appel à notre côté irrationnel pour distiller ses graphismes colorés, peints, montés, découpés, photographiques ou encore simplistes : un mélange juste et contrasté qui nous trimballe sans ménagement d’un univers singulier à l’autre. Rien de vraiment compréhensible ici donc, juste un pot-pourri de phantasmes sublimés à l’extrême, un voyage sans attaches dans le monde de l’érotisme et de la pornographie élevés au rang d’art.

Copyright McKean et DelcourtArtiste multiformes, Dave McKean nous surprend encore une fois par sa sensibilité et ses histoires qui ne semblent connaître aucunes limites émotionnelles ou physiques. Après le splendide et novateur Cages, il pousse encore plus loin son exploration graphique et s’essaie à plusieurs techniques d’ambiances, d’atmosphères et de narrations, Copyright McKean et Delcourtqui nous émerveillent à chaque séquence. S’étant déjà essayé à l’érotisme avec X-rated (histoire courte publiée dans Premières Fois), McKean se lâche complètement et apporte à la BD érotique un nouveau chef-d’œuvre qui devrait faire date par son audace et son originalité.

Mais trêve de paroles, Celluloid se regarde plus qu’il ne se lit et les images qui suivent seront sans doute plus éloquentes.

Présentation

Voici un lieu d'expression et de partage où les vendeurs experts de la Fnac viennent vous livrer librement leurs passions à travers leurs coups de coeur, des tests, des conseils.

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