Articles avec le tag ‘2010’
Tucker & Dale fightent le mal ! 2010 (+16ans), Sur un malentendu… les scénaristes d’horreur se réveilleraient-ils ?!
C’est fou comme les films d’horreur peuvent être, la plupart du temps, montés sur les même ficelles qui sont réutilisées depuis la nuit des temps dans le domaine (quand même pas mais, sans hésiter, depuis le Vendredi 13 de ce génie absolu qu’est John Carpenter) ! Et ceci, visiblement, n’affecte guère les spectateurs puisqu’ils en redemandent !
Alors, pour faire une bonne soupe de genre (c’est-à-dire d’horreur), il vous faudra : un boogeyman très fort et sombre mais souvent complètement débile, un groupe de jeunes partis faire la fête dans un coin paumé que personne ne connaît si ce n’est des psychopathes, et des meurtres qui sont devenus avec le temps de plus en plus violents et gores et de moins en moins suggérés. Forcément, à force de refaire continuellement les mêmes bobines, l’ennui commence à méchamment s’inviter pour, gentiment, après des années d’espoir, faire place au ras le bol et à l’abandon de vision d’un genre qui a perdu son cœur et le nôtre avec ! Alors quand on tombe sur une folie barrée et inventive comme Tucker et Dale, la flamme ne peut que se raviver (un peu déjà) et l’envie de le faire découvrir aux autres devient une priorité !!!!
Résumer le métrage pourrait être très facile et c’est ce que bon nombre de journaux ont malheureusement fait alors que pour prendre le plus grand plaisir, il faudrait l’apprécier sans rien connaître de l’histoire, de la manière la plus brute possible… On pourrait même dire que le titre est déjà de trop, mais bon ! Alors, s’il faut quelques arguments pour vous faire envie, en plus d’avoir des idées hors normes plus intelligentes que la moyenne, c’est l’énergie du désespoir qui se dégage du tout qui vous fait prendre un plaisir frais et nouveau. Ainsi que les deux acteurs principaux (mention spéciale à Tyler Labine découvert dans la série de Kevin Smith Reaper et vu aussi dans Rise of the planet of the apes) dont l’innocence et la volonté de partager leur amour ne vous laisseront pas indifférent ! Et si quelques mini longueurs se font ressentir de-ci de-là, c’est bien plus de folies comme celles-ci qui devraient peupler les festivals ainsi que les étalages d’horreur ! Vous ne l’avez pas encore découvert et les OFNI ne vous font pas peur ? N’attendez plus pour découvrir cette fausse parodie qui est devenue, pour moi, un vrai coup de cœur !!! Laissez vous entraîner pour une balade dans les bois avec ces deux chers Tucker et Dale qui vont tout faire pour fighter le mal !
Redline, la course futuriste dessinée à l’ancienne qui déchire, arrive enfin en DVD et BR ! (+16ans)
Une véritable bombe, que j’vous dis !!! Sortie tout droit de la tête de Takeshi Koike (dont c’est la première réalisation), membre du studio Madhouse qui s’est fait remarquer du public grâce à son style pop art et en même temps son énorme talent d’animateur d’action ultra dynamique. Il se fit la main sur des chefs d’oeuvre tels que Ninja Scroll, Vampire Hunter D Bloodlust et encore le meilleur segment d’animatrix !![26250[1]](http://blog.fnac.ch/wp-content/uploads/2011/10/262501-212x300.jpg)
Ici le pitch est simple mais plus qu’efficace, ce qui permet de transformer cette tornade de couleurs et de plans malades en une impression de vitesse jusqu’ici jamais vue ! On va donc suivre JP, un pilote fauché au look banane (rockabilly), ayant l’âme d’un héros au grand coeur qui n’a qu’un rêve, participer à la Redline… la course de caisse la plus dangereuse de la galaxie qui n’accueille que l’élite de toutes les planètes. Bienvenue dans un monde sans retour qui va éveiller vos sens comme rarement. Un ovni à mi-chemin entre Death Race et le jeu F-Zero.
C’est visuellement malade quoique très accrocheur. On peut aisément parler de phénomène puisque cette folie est entièrement faite en 2d avec différentes techniques de traitement de l’image, mais toujours à l’ancienne… un véritable résistant du dessin d’antan ! Sous des traits hors du commun, les véhicules se déforment, deviennent flous par endroits sans oublier leurs pilotes, sous l’effet de la rapidité, ce qui nous donne une impression visuelle incroyable mais vraie. Avec une équipe réduite, il aura fallu 7ans à Koike et ses collègues pour accoucher de cette pépite. Le pari était de transcender tout ce qui avait été fait sans ordinateur pour obtenir une oeuvre la plus sensorielle possible, une expérience carrément viscérale à l’univers presque cauchemardesque dans lequel les créatures les plus décalées cohabitent pour le meilleur mais surtout pour le pire ! Une expérience avec un grand E comme on en avait rarement vécue. On ressort de cette heure et demi essoufflé mais comblé d’avoir accédé à ce trip de tous les instants ! Un bonheur ENORME à ranger entre Mindgame et Paprika !
Devrais-je insister sur le fait que ce type de plaisir se déguste surtout en format blu-ray ? Car OUI, sans hésitations, toutes les oeuvres animées (ou 99% pour laisser le doute au cas où…) sont des tickets directs pour le paradis tant on en prend plein les yeux ! Mais l’expérience en dvd est tout aussi concluante !
Alors, si vous êtes prêts à prendre le volant… c’est parti pour un bon éclatage de rétine le temps de cet anime fou fou fou !
NIFFF 2011 : Super, des héros pas si super que ça qui pètent les plombs ! 7/10 (+16ans)
Vous pensiez que le genre du film de super-héros avait été retourné dans tous les sens dans le mythique et désormais culte Kick Ass ?! C’était sans compter sur cette petite bombe nommée Super qui va à nouveau réveiller le geek qui est en vous… mais cette fois-ci, on ne réfléchit pas ou plus… ON TAPPE SEC ET CA SAIGNE BEAUCOUP… trop pour pouvoir s’en sortir ? Certainement, oui !!!
Vous l’aurez compris, ici, tout l’aspect humain qui avait été soulevé dans le film de Matthew Vaught est balayé d’un coup de clé à molette pour encore mieux sombrer dans une démence sans fond qui n’aura que pour seule limite la mort. Mais tout ceci, forcément, pour mieux s’associer à un humour noir fameux qui met une patate d’enfer et qui sait user de toutes les facettes des comic-books pour nous en mettre plein la vue ou plutôt plein les dents !
On savait le réalisateur de ce Super dérangé; après un Horribilis où horreur et ultra gore faisaient bon ménage et qui m’avait retourné l’estomac dans tous les sens, il ressort son amour pour les litres de sang afin de le marier cette fois-ci aux gaillards qui portent des masques et des capes et qui essaient de faire leur propre justice. Sauf que la notion de justice ici est bien propre à nos deux héros qui veulent surtout se défouler un bon coup ; mention spéciale à Ellen Page, folle furieuse qui est toujours prête à achever n’importe quel méchant qui n’aurait pas été gentil avec elle à un moment ou à un autre, ou qui aurait dépassé dans une file d’attente…
Alors, prêt à suivre et supporter Frank D’Arbo qui, la nuit tombée, revêt le costume de Crimson Bolt afin de récupérer sa femme (la fort agréable Liv Tyler) tombée sous l’influence d’un vilain dealer de drogues (Kevin Bacon sympa mais malheureusement moins possédé et fou que le génial Mark Strong dans Kick Ass) ? Passé une première demi-heure un peu molassone et manquant de rythme, le métrage procure une bonne dose de positive attitude accompagnée d’un grand nombre de litres d’hémoglobine, des gags en pagaille qui font mouche, une fougue de jeunesse communicative et des personnages hauts en couleurs qui tuent… vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Et… comme dirait Herbert Leonard… Pour le plaisir !
NIFFF 2011, TrollHunter, quand Blair Witch rencontre les géants… 7/10 (+12ans)
La Norvège, son grand froid, ses fjords, ses étendues de forêt encore jamais foulées par les pieds humains et… ses trolls ?!!
Il semblerait bien que le gouvernement nordique cache des choses à ses citoyens et au reste du monde et qu’il est visiblement décidé à tout faire pour garder leur secret intact, quitte à devoir effacer certaines preuves ou en créer d’autres pour mettre les touristes et curieux sur de fausses pistes… tu du du du du du (mais oui… c’est le générique de X-Files !)
Filmé en caméra subjective, c’est à dire comme Le projet Blair Witch ; caméra à l’épaule pour une meilleure immersion dans l’histoire et dans la peur, ce TrollHunter est une bonne surprise de festival comme on aimerait en découvrir plus souvent ! Dopé par un amour du cinéma de genre certain et malgré un budget que l’on sent serré (mais qui ne dessert en rien l’histoire et ses séquences clés qui sont parfaitement maîtrisées malgré le peu de moyens) le réalisateur et son équipe vont nous entraîner dans une aventure où rien ne se passera comme on le pense. Et c’est tant mieux !
Le film démarrant comme un métrage angoissant avec un prologue nous disant que des disques durs de caméra numériques ont été retrouvés et que les images récupérées ont bel et bien été identifiées comme réelles et non truquées, on a tout d’abord surtout peur de très rapidement s’ennuyer devant cette farce venue du nord. Puis on découvre petit à petit les différents protagonistes qui nous permettent de nous intéresser un peu plus à cette histoire pas comme les autres que je qualifierais volontiers de fable ; mention spéciale au chasseur de trolls complètement fou, à qui on a confié tous les dialogues cultes, se rébellant en voulant raconter son secret à des journalistes, prétextant en avoir marre d’avoir un salaire de merde et des conditions sociales à la ramasse !!! Un humour omniprésent jouant avec ses légendes et taquinant du doigt son gouvernement. Le tout filmé dans ce grand pays polaire qu’est la Norvège, dans des paysages juste sublimes, avec de grands angles contemplatifs extraordinaires, on se laisse happer par le bonheur qui se dégage de cette oeuvre pas comme les autres. C’est vrai que si vous espériez tomber sur un métrage qui vous marquera par un sens pointu de la mise sur les dents des spectateurs, vous pourrez être déçus. Pour les autres qui aiment se faire des soirées un peu folles de films dits OVNI (ou plutôt OFNI) je ne peux que vous conseiller cet excellent mélange intelligent de genres car, comme délire assumé pas connu, c’est rare de tomber sur mieux !
NIFFF 2011, Hobo with a shotgun, papy prend son fusil à pompe pour faire de l’art (ou du lard) humain à sa manière, 8/10 (+18ans)
Deuxième film tiré d’une des fausses bande-annonce du diptyque Grindhouse, après Machete, ce clochard au shot gun est un délice de finesse de tous les instants…
Imaginez une ville dans laquelle le chaos s’est installé. Chaque seconde, un crime, un vol ou un viol est perpétré. Chaque retournement de tête vous mettra sous les yeux un spectacle plus atroce que jamais ; de la téléréalité qui offre de l’argent aux sans abris qui n’ont rien contre le fait de les tabasser en les filmant ou exécuter des défis immoraux comme manger du verre, des pères Noël et clowns pédophiles à tous les coins de rues et sorties des écoles, une famille de consanguins qui fait la loi dans la ville et qui n’hésite pas à user de la violence pour instaurer un climat de peur en massacrant par exemple un car entier d’enfants au lance flamme…
Le crime et le vice sont partout et les forces de l’ordre sont comme d’habitude, pourries au possible. Une sorte d’Orange Mécanique où tous les gens seraient des « Alex », guidés par leurs propres pulsions et leur envie de rire des plus faibles.
Bref, chez eux c’est pas Bizance mais heureusement un clochard fou, poussé à bout et c’est peu dire, va se décider à passer au denner du coin (il y a tout et n’importe quoi dedans !) pour se payer un shotgun et passer un bon coup de Kärcher (big up sarkkko!) dans son quartier afin que la paix revienne et qu’il puisse s’acheter un deuxième carton cabanon pour faire un duplex. Ah non, pas ça, désolé ! Plutôt que ses amies les putes puissent exercer leur métier un peu plus tranquillement, que les gosses arrêtent de se faire violer toutes les deux minutes et qu’ils acquièrent une espérance de vie supérieure à 7 ans.
Hobo with a shotgun n’est donc pas un cadeau à faire si on vous invite à un anniversaire au mcdonald. Par contre, les amoureux de films osés qui se plaignent qu’il n’y a pas ou plus de scènes politiquement TRES incorrectes (souvenez-vous de Postal ou A Serbian Film…), en auront largement pour leur argent ! Avec de plus des punchlines (dialogues cultes, jouissifs) mythiques, des bonnes têtes de vainqueurs un peu partout, une énergie du diable et un Z assumé et revendiqué comme il fait bon en voir, c’est presque un cadeau du ciel… : )
Alors, on r’met ça ?!
Les Yeux de Julia (2010), le nouveau chef d’oeuvre du cinéma fantastique espagnol!
L’horreur à la sauce espagnole nous prouve encore une fois son efficacité à raconter des histoires prenantes, teintées de purs moments d’angoisse et de terreur.
Et après les métrages mémorables que furent, entre autres, L’échine du diable, Ouvre les Yeux, Le Labyrinthe de Pan ou encore L’Orphelinat (toute l’équipe de ce dernier est d’ailleurs derrière ce nouveau film, hormis son réalisateur), le dernier cru de cette souche-là s’appelle Les Yeux de Julia. Encore une fois, apprêtez-vous à retenir votre souffle car vous êtes sur le point de participer à une expérience inoubliable.
En vivant la perte progressive de la vue par l’héroïne du film, campée par Belen Rueda, déjà la principale traumatisée de L’Orphelinat, on se retrouve confronté au calvaire, que dis-je à la descente en enfer, qu’endurent les personnes atteintes par ce phénomène… c’est proprement glaçant. Une invitation à participer à cette souffrance sans fond, ce vide atroce et cette peur de tous les instants qui est vécue face à l’inconnu et au noir permanent.
Dans toute cette souffrance paniquée que l’on ressent au cours de l’histoire abyssale grâce à d’habiles et ingénieux jeux d’ombres et de lumières et autres obturateurs, le métrage nous fait participer à un thriller mené de main de maître avec ses pistes, indices et autres rebondissements savamment orchestrés mettant nos nerfs à rude épreuve, 2h durant! Avec, cerise sur le gâteau, une faculté à nous immerger toujours plus dans cet univers fantastique avec son histoire d’ennemi invisible réellement intrigante.
Plus qu’un film c’est une leçon de cinéma qui nous est servie ici tant les plans et la photo sont classes (en Blu-Ray c’est un régal!) en passant par une bande son magistrale, tendue et éprouvante juste quand et comme il faut. On pourra peut-être lui reprocher d’être un peu trop classique dans sa mise en scène mais le plaisir est bel et bien au rendez-vous ! Alors, toi qui te sens prêt à endurer cette cécité au profit d’un moment de cinéma puissant, bienvenue dans l’endroit où, du très beau, le trouble s’installe pour se perdre dans le chaos…
3 prochains jours (2010) Russel Crowe va tout sacrifier pour faire évader sa femme, sans retour possible.
Parfois on regarde certains métrages sans trop y croire, d’un oeil… et c’est le plus souvent dans ce genre de cas que l’on s’en prend plein la gueule, tant finalement le résultat est bon ! Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec Les 3 prochains jours.
Un thriller sans faille qui va obliger l’excellent acteur australien à tout abandonner pour sauver celle qu’il aime. Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’on passe de surprise en surprise; on ne s’attend pas à tous ces rebondissements intelligents et un tel plaisir de cinéma ! Lancé dans un rythme haletant, avec pour seuls répits des moments développant les personnages principaux qui nous permettent encore mieux de nous plonger dans ce drame rondement mené, chaque scène arrive à nous prendre encore un peu plus au bide. La musique, notamment, est particulièrement bien choisie; on reste alerte et crispé avec tout ce qui se passe à l’écran, et arrivé au terme, on ne pense jamais que 2h15 ont passé tant le métrage est passionnant et palpitant. Pour moi, sincèrement, la meilleure réalisation de la filmographie de Paul Haggis.
Mais qu’est ce qui a poussé ce réalisateur, connu pour avoir gagné l’Oscar du meilleur scénario pour Collision, à se lancer dans un thriller du genre? C’est bêtement un remake du très remarqué film français Pour elle, avec Vincent Vindon et Diane Kruger, sorti en 2008. Il en est une copie calque au niveau du scénario avec tout de même 40 min en plus, l’original faisant juste 1h30.
Cette relecture n’est donc pas nécessaire pour ceux qui ont eu la chance de voir l’original, surtout s’ils veulent avoir affaire à quelque chose de nouveau. Par contre, les curieux comme moi qui veulent se faire une petite comparaison, vu la claque que fût Pour elle à l’époque, vont avoir le plaisir de voir que le réalisateur/scénariste est particulièrement habile lorsqu’il s’agit de reprendre une base solide déjà existante et de l’étoffer un peu.
Une réelle surprise, positive forcément; il n’y a qu’à voir les The Tourist, un peu mou et fade par rapport à son original et The Dinner qui fut un cas d’école tant c’était mauvais.
Et pour une fois que l’on peut dire du bien d’un remake américain, on le fait avec plaisir ! Ce sont les champions pour reprendre les idées de métrages dits malins et innovateurs qui ne peuvent pas être diffusés, ou dans des très petits circuits de distribution, dans leur cher pays, vu que les gens là-bas ne sont, pour la majorité, pas des adeptes de langues originales et encore moins des sous-titres. Mais il faut bien reconnaître qu’ici tout est un peu plus intense que chez son grand-frère, ils savent quand même nettement mieux faire les scènes d’actions que les habitants du royaume de Sarkozy, c’est un fait.
Alors, pour ceux qui ont la chance de ne pas encore avoir vu ce magnifique film doté d’un scénario et d’une ambiance fameuse, vous savez ce qu’il vous reste à faire !
Monsters (2010), une ambiance de fin du monde pour un film intimiste prenant
Monsters, avec un titre pareil on se dit qu’on va se retrouver face à un métrage avec des créatures de 50 mètres de haut qui détruisent tout sur leur passage et de l’action non stop…
Puis on commence à regarder cet ovni… et oui, il y a des monstres, mais les fans de trucs régressifs qui bourinent pourront être sauvagement déçus car ce n’est pas du tout à eux que se destine ce métrage. Par contre, les amateurs de drames humains seront aux anges ! On se retrouve face à une heure et demie d’un film à la personnalité hypnotisante avec plus de réflexion et de contemplation que de « bêbêtes » qui mangent de l’humain démembré…
La première constatation que l’on peut faire, c’est que c’est beau et trippant. Le réalisateur parvient avec de simples paysages désertiques, des cadavres d’avions ou de tanks disséminés à gauche à droite et quelques bâtiments détruits ou en proie aux flammes, à nous plonger dans une atmosphère post-apocalyptique envoûtante.
On pense donc plus à “La Route”, qui était une espèce de guide de survie dans un univers détruit et hostile, qu’au “Livre d’Eli” qui, aussi après une sorte d’apocalypse, privilégiait le côté gunfights et grand spectacle qui tape, la réflexion venant en second plan (voire plus loin, mais certains y ont vu le sens profond de la vie, alors respect…! ).
Ce “manque” d’action n’a pas été pour me déplaire. Au contraire, on se prend à suivre avec passion ces deux Américains recherchant leur voie dans ce road trip qui sera le leur parmi des zones dites contaminées et dangereuses. Tremblez… vous qui vous sentez en sécurité !
Et ces fameux monstres, est-ce qu’on les voit quand même ? Ohhh oui ! Plusieurs fois ! Et ils sont bien impressionnants ! Mais effectivement le réalisateur les utilise plus pour nous angoisser ainsi que pour instaurer un climat étrange et malveillant. Un ennemi qui, malgré ses habitudes à sortir de nuit, saura rugir à de propices moments pour nous mettre un minimum sur les nerfs. Il faut dire que le film a eu un budget d’ environ 500000 $, ce qui est vraiment ridicule. Gareth Edwards, qui l’a réalisé, s’est fait connaître en tant qu’artisan dans le domaine des effets spéciaux en traitant plus de 250 plan du téléfilm Attila le Un en 2008. Il reçu un prix pour ceux-ci.
Pour l’anecdote, l’équipe de tournage se résumait à 5 techniciens, Gareth et ses deux acteurs. En se baladant avec un matériel très léger, ils tournaient sans autorisation et on les prenait pour des touristes ! C’est d’ailleurs Edwards lui-même qui, tout seul chaque soir dans sa caravane, travaillait les images filmées le jour même pour Monsters. Un tour de force !
On l’a, très justement, comparé au réalisateur anglais Neil Blomkamp, papa de District 9, car les deux films ont été faits avec peu de moyens, dans des univers créés par eux-mêmes et traitant d’un sujet politiquement engagé avec pour thème de la science-fiction et plus particulièrement des extra-terrestres.
Maintenant, après un tel plaisir, je me réjouis de le voir aux commandes du futur Godzilla version US, avec un budget sûrement cent fois (mille ?) supérieur à ce Monsters et une équipe un poil plus conséquente… en espérant qu’il ne réitère pas le navet de Roland Emmerich qui, en tant que fan de la série, m’avait terrassé tant c’était difficile d’aller plus loin dans le ridicule et le mauvais: zéro pointé !
Mais au vu de sa première réalisation, on est en droit d’espérer des miracles !
Freddy 2010 et les derniers remakes… ou quand on se fout ouvertement de notre gueule !
Parfois, quand on se sent infiniment trahi, il faut savoir pousser des petits coups de gueule. Car souvent on parle de ce qu’on a aimé mais pas ce qui nous a fait du mal au plus profond de nous, et ici c’est le cas ! Avant de commencer cet article, je voulais vous faire part des films d’horreur qui ont su me traumatiser. Pour moi, ils sont au nombre de cinq, c’est mes démons, mes petits « chouchous » que je ne reverrai peut-être jamais car ils m’ont fait trembler et perdre mon sommeil. Souvent regardés trop jeune ou trop réels pour les effacer de mon esprit, ils ont pour nom le premier Freddy, le premier Chucky et l’Exorciste, puis plus tard, Cannibal Holocaust et Guinea Pig. D’ailleurs, à cette occasion, n’hésitez pas à mettre dans les commentaires vos souvenirs les plus horribles de cinéma qui vous ont marqués au fer rouge !
Mais revenons à nos moutons, Freddy 2010… cette relecture, synonyme de trahison, qui a fait tant de mal aux fans…mais pas dans le sens du terme espéré pour un métrage d’horreur. Car comment faire plus prenant qu’un boogey man qui attaque dans les rêves ? C’est quelque chose d’incontrôlable qui peut nous empêcher de dormir et nous mettre dans un sacré état de nerf. Alors avec simplement le pitch et les effets spéciaux actuels, on pouvait au moins s’attendre à prendre du plaisir… mais non! Je me demande si, à part les enfants de moins de 5 ans, quelqu’un va avoir peur en voyant ce film. Je ne demande pas d’être traumatisé mais il faut vraiment être passé à côté de l’original de Wes Craven pour pouvoir apprécier ce méfait. Ou simplement ne pas avoir été marqué par ce cher monsieur brûlé durant sa jeunesse comme je l’ai été pendant la mienne.
Vous vous posez la question donc si, pour moi, il n’y a rien à sauver de ce nouveau Freddy remis au goût (ahhh! des goûts et des couleurs…) du jour ?! Si ! Les toutes dernières secondes du film m’ont un peu surpris, sinon:
- On pouvait espérer quelque chose de l’acteur Jackie Earl Harley qui incarnait Rorsach dans Watchmen (avec la manière !) mais il se contente de copier Robert Englund en pas très convainquant.
- On pouvait espérer des meurtres dans les rêves qui nous emmènent dans des délires vertigineux, insensés et crispants (il n’y a qu’à voir Inception pour se dire que c’est un monde résolument ouvert et aux possibilités infinies pour peu que l’on ait des idées…) mais ils sont juste copiés sur l’original et en moins glauques.
- On pouvait espérer un Freddy Begins avec l’explication de pourquoi il est si méchant et fou mais ces séquences sont expédiées en 3 petites scènes, bâclées et en désaccord des anciens films.
C’est clair que pour ceux qui n’en attendaient pas grand-chose, le film se laisse voir mais il perd toute l’essence et le “plaisir” de son modèle. C’est-à-dire son côté horrifique, malsain et sans retour. Quel dommage et quel coup de poignard dans le dos pour les fans !
Alors, de là à dire que, pour moi, toutes ces reprises sont purement commerciales et sans saveur, il n’y a qu’un pas que je ne franchirai jamais…
Car j’ai été le premier surpris en bien à la découverte de certains. L’armée des morts, par exemple, malgré les zombies qui courent; Massacre à la tronçonneuse, malgré que le côté crade, lent et vicieux ait été mis de côté pour un aspect plus bourrin; mais aussi ceux, et j’en oublie, de La Colline a des yeux et La dernière maison sur la gauche.
Bref, tout n’est pas à jeter quand on a quelque chose à raconter et que l’on a la prétention et la motivation de transcender ou de rendre hommage au matériel d’origine. J’ai passé de jouissifs moments en les regardant. Et si ça peut permettre aux gens qui n’aiment pas les films un peu anciens de découvrir des concepts et des mythes incroyables avec des SFX actuels et un montage un peu plus MTVesque qui ne sont pas forcement les SAW… alors GO! Autrement ils ne les auraient jamais regardés en disant que les trucages et l’image étaient tous pourris et que, avant 2007, le cinéma était en noir/blanc sans paroles ni musique… !
Pour moi, ce film est tout ce que je redoutais! Il fera certainement le bonheur d’amateurs d’horreur peu initiés mais les fans hardcore, s’ils l’ achètent, le rangeront bien vite derrière le coffret des 7 premiers films qui valent mille fois celui-ci.
J’attends maintenant de voir le remake de I’ll spit on your grave qui, visiblement, se tape une réputation assez bonne sur le net… espoir quand tu nous tiens !
Buried (2010), le huit clos ULTIME !
Aujourd’hui je vous enterre six pieds sous terre… attention aux personnes sensibles…
Vous vous réveillez dans un espace clos sous 1 tonne de terre irakienne avec seulement 90 minutes d’oxygène avant de vous endormir à jamais. L’air vous manque déjà, la lumière aussi… forcément vu qu’il fait nuit!… Bienvenue dans Buried, le tour de force qui vous fera passer 1h30 de pure angoisse dans un cercueil, avec pour seuls amis un Zippo, un stylo et un téléphone portable à moitié chargé…
Mais vous vous dites: on n’est quand même pas durant tout le film dans un cercueil ?! Et bien si ! Dans une ambiance claustrophobique éprouvante! Pour ma part, ça faisait depuis The Descent que je n’avais éprouvé ça, à part la splendide première scène des Inglourious Basterds de Tarantino ! Une oppression permanente dès les premières secondes, pour peu que l’on se mette dans les conditions “cinéma” parfaites avec ; lumières éteintes, écran le plus grand possible et son 5.1 pour encore mieux plonger dans ce cauchemar éveillé. Et là, notre souffle commence à manquer, on se crispe à la place de l’acteur quand celui-ci crie, bouge trop ou allume sans cesse son briquet. On sent l’oxygène se dilapider et on a réellement peur qu’il en gâche trop. On s’excite vraiment pour qu’il arrête de tant gesticuler et faire n’importe quoi : ) La tension, palpable dès le premier écran noir, est maintenue pendant tout le métrage avec des pics terribles et des rebondissements bien amenés. On a souvent envie d’allumer la lumière et d’ouvrir les fenêtres pour se rappeler qu’on est bien vivant et juste devant notre écran. C’est vraiment une expérience à vivre très intense.
Et le deuxième exploit du film est son seul et unique acteur qui porte donc sur ses épaules l’intégralité du film de manière remarquable ! Il est juste INCROYABLE, on est corps et âme avec lui dans sa souffrance et son malheur. Mais d’autres éléments contribuent à la réussite du film et à son pouvoir d’immersion, comme le temps qui passe vu qu’on lui a fixé un ultimatum et que l’oxygène manque…, le son car on a vraiment l’impression d’être enfermé avec lui dans sa cage de bois…, et les peurs humaines auxquels il est confronté comme la solitude, l’obscurité, le manque d’air et d’espace ainsi que l’inconnu, la peur du complot et j’en passe. Tout au long du film on se demande bien ce qui se trame derrière tout ça et grâce aux différentes pistes que l’on nous suggère au fur et à mesure, on se fait mille scénarios possibles dans notre tête, c’est aussi ça sa force ! Et dans toute cette folie humaine on espère (on prie !) sans cesse que Marcel Beliveau débarque à tout moment pour nous dire : “Mais non c’est surprise sur prise, eh oui il y avait des caméras là, là et là dans ce sacré cercueil !” Pour la petite anecdote le film a été tourné en seulement 17 jours et c’est juste le huis clos ultime ! (tel que l’avait défini Alfred Hitchcock dans Lifeboat (1944) : peu de personnages, un unique lieu d’action, autant d’éléments qui favorisent la montée de la tension psychologique).
Alors, si vous aimez les sensations fortes, commencez à creuser pour rejoindre Ryan Reynolds dans un chef d’oeuvre qui marque au fer rouge.











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