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Marie
Écrit par
Blogueuse
17 octobre 2016 |  16 likes   |  36 vues

S’enfuir… récit d’un otage

senfuir

Combien de fois avons-nous entendu aux informations qu’un journaliste, un reporter, un photographe a été enlevé dans un pays en guerre ? Et combien de fois avons-nous essayé de nous représenter le déroulé des évènements que les victimes avaient dû vivre ?
Et bien, comme souvent, notre imagination emplie de concepts personnels est loin de la vérité. Guy Delisle (célèbre auteur des BD: Chroniques de Jerusalem, PyongYang et Chroniques birmanes) s’allie à Christophe André, célèbre psychiatre, pour raconter un pan de la vie de ce dernier. Un pan mal connu lorsque l’on évoque son nom : la prise d’otage qu’il a subit lorsqu’il œuvrait dans l’humanitaire. Membre de médecin sans frontières et responsable d’une ONG dans le Caucase en 1997, il est enlevé en pleine nuit et retenu captif pendant 111 jours exactement.
Se met alors en place une stratégie visant trois objectifs :
– savoir qui l’a enlevé et pourquoi ;
– trouver un moyen de ne pas perdre le fil des journées qui passent, histoire de ne pas devenir fou ;
– être vigilant pour saisir la moindre opportunité de s’enfuir en toute sécurité.

senfuir-2C’est ce nouveau monde, son nouveau quotidien que va décrire, dans sa BD, Guy Delisle, en faisant le choix de décrire quasiment jour par jour l’état d’esprit de Christophe André. Et les questions se bousculent : Est-il réellement otage ? Qui le retient ? Que disent ses geôliers ? Doit-il les détester, parce que finalement ils ne le traitent pas mal ? Combien de temps cette captivité va durer ? Mais ils attendent quoi au juste ?

Une œuvre qui retrace à la fois la monotonie d’un homme bloqué entre quatre murs sans pouvoir se mouvoir, ses inquiétudes et ses peurs quand des rebondissements se font sentir (changement de lieu, photo, appel, voix nouvelles…).
Un récit long qui, de ce fait, nous donne un avant goût de la patience que doivent développer les otages pour ne pas sombrer allié à des portraits justes car plein d’humanité, quel que soit le rôle que les personnes tiennent dans cet évènement, « victimes » ou « coupables ». Un sujet, comme d’habitude avec Delisle, particulièrement ancré dans l’actualité.

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