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Alexandra
Écrit par
blogueur Littérature & Polar
20 novembre 2019 |  3 likes   |  252 vues

De la bande dessinée au pied du sapin

Oubliez la neige et les fêtes de famille, cette sélection pour la fin d’année 2019 est un mélange de névroses, de quête contre la mort et de coupe de sang frais. Vous prendrez plutôt une tasse de thé ?

Le masque aux mille larmes

Passion, aventure et légende

Koburo est mort en guerrier. Mais Sadakio a juré de l’aimer et même la mort ne saurait séparer ces deux âmes sœurs. Petite, elle écoutait encore et encore la même légende. Celle d’un père ravagé par le chagrin suite à la mort de son enfant. Sous les conseils avisés des dieux, il fabriqua un masque d’or pour ramener sa fille à la vie.

Depuis ce jour, de nombreux hommes ont tenté de s’emparer de ce masque pour défier la mort. Mais aucun ne réussit  et tous ont payé de leur vie cette vaine tentative.

Sadakio, sûre de son amour, part à son tour en quête du Masque aux mille larmes. Mais elle n’entreprend pas son voyage seule. Un étranger, un jeune homme d’un autre village qui veut voir du pays, décide de partir avec elle, qu’elle le veuille ou non.

Il est bavard, maladroit, profondément optimiste et se moque de cette légende auquel il ne croit pas. Elle est silencieuse, torturée, incomprise et persuadée que ses sentiments sont au dessus de ceux des autres.

De leur voyage et leur échanges va naître une réelle complicité. Ces deux là nous embarquent au cœur du Japon médiéval, des mythes et des croyance que David Chauvel, le scénariste met un point d’honneur à respecter.

Le format plaira aux férus de bandes dessinées classiques. Le dessin de Roberto Ali respecte les codes du genre et les couleurs utilisées rendent les paysages magnifiques.

Pour les lecteurs peu amateurs de classicisme, la gravité de l’intrigue est nuancée par le caractère gaffeur du personnage principal. Pour notre plus grand bonheur, il se rit un peu de la quête entreprise et est loin de convenir au stéréotype du héros « romantico-tragique ».

Le détection club

Le rendez-vous des enquêteurs

Promettez-vous que votre détective résoudra les crimes qui lui sont présentés en utilisant l’esprit que vous avez bien voulu lui accorder,

et de ne pas utiliser la révélation divine, l’intuition féminine, la tricherie, la coïncidence ou tout acte de Dieu ?

Jurez vous de ne jamais cacher au lecteur un indice essentiel à l’enquête ?

Prêtez serment pour rejoindre le détection club. La crème de la crème, les ténors du roman à énigmes. Agatha Christie, A.E.W Mason, Ronald Knox … ils sont tous là se soumettant aux règles d’écriture et de bonne conduite dictées par le club.

Et ils sont tous invités sur l’île de Cornouailles. Leur hôte ? Un milliardaire loufoque persuadé d’avoir mis au point une machine capable de découvrir le coupable dans chacun de leurs romans. Curieux, nos auteurs préférés sont loin d’imaginer qu’ils vont devoir résoudre une affaire de meurtre.

Si à première vue le dessin de Jean Harambat ne m’attirait pas plus que ça, l’histoire a réussi à m’embarquer. Plongé dans l’Angleterre de 1930, l’auteur maîtrise l’humour et revisite les ficelles du roman policier à énigmes. Le détection club ayant réellement existé. Une sorte de parodie où les suspects sont aussi nombreux que les indices. Une chasse au coupable divertissante où l’on cherche,  nous aussi, à connaître le coupable avant la fin.

Dédales

Le retour de l’auteur de Black Hole

Face à son grille pain, Brian dessine un autoportrait déformé. Autour de lui, une fête bat son plein et une jeune femme s’approche de lui. Elle deviendra l’héroïne d’un film amateur. Pour ce jeune cinéaste en herbe, tout est inspiration. Le rêve, les autres, l’horreur.

Dans ce premier tome subtil, Charles Burns mêle les arts et les perceptions. Le grand auteur de Black Hole amorce avec Dédales les prémices d’une grande bande dessinée psychologique et tourmentée.

Si l’on ne peut pas tellement en dire plus pour le moment, c’est parce que ce premier tome est assez bref et nous laisse un peu sur notre faim. Charles Burns y introduit des personnages qui collent parfaitement à son domaine de prédilection déroutant et fascinant. Et l’on retrouve avec joie le coup de crayon caractéristique de l’auteur. Plus qu’à patienter pour pouvoir découvrir le second tome.

Dracula

Georges Bess revisite le célèbre roman de Bram Stoker

Dracula, le chef d’oeuvre de Bram Stoker, a connu de nombreuses adaptations, plus ou moins fidèles, plus ou moins réussies. Au théâtre, à la radio et même en poésie. Au cinéma, on se souviendra notamment de Christopher Lee qui incarnait parfaitement le plus célèbre des vampires.

Bram Stoker est un irlandais chétif à la santé fragile. Il nourrit son imaginaire de romans gothiques. En 1897, il publie Dracula, un roman épistolaire au succès immédiat. Et pour ceux qui serait passé à côté de cette légende, en voici un très bref résumé. Des montagnes menaçantes, un conte qui l’invite dans son manoir … notre jeune Jonathan Harker, notaire britannique, découvre d’étranges coutumes en Transylvanie. Notamment celles de son hôte. qui ne se reflète dans aucun miroir par exemple et qui est plutôt terrifiant …

En bande dessinée, on se souviendra sûrement de Georges Bess. 208 pages puissantes et magnifiques. Une ambiance gothique pour une histoire bien connue que l’on redécouvre à travers un dessin d’une finesse remarquable. Chaque page est un délice. Du noir et blanc envoûtant qui colle parfaitement à l’ambiance magnétique du roman.

Pour tous ceux qui ont dévoré le roman et ceux qui vont le dévorer après la lecture de cette bande dessinée graphique.

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