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Écrit par
blogueur
12 juillet 2010 |  0 like   |  0 vues

Urasawa dans tout ses états!

Copyright Naoki Urasawa/Studio Nuts et Shogakukan Inc.

Couverture japonaise de Manben

Très justement surnommé le nouveau Tezuka (créateur du manga moderne), Naoki Urasawa fait partie de ces rares auteurs qui ont su atteindre la quasi-perfection en s’appuyant sur un style propre et unique. En témoignent facilement ses trois séries majeures 20th Century Boys, Monster et Pluto, qui ont fait de lui le dieu incontesté du manga contemporain.

D’Urasawa, on connaît surtout ses scénarii sans faille, qui font rivaliser twists incessants et suspens insoutenable, le tout avec une aisance déconcertante. Mais ce qu’on remarque le moins, c’est son dessin. Et c’est d’ailleurs en restant discret, que ce dernier réussit à catalyser la mise en scène et la narration, permettant ainsi au lecteur une immersion totale dans l’intrigue. Ce dessin si efficace, au style inimitable, c’est ce que vous propose de découvrir ce magnifique ouvrage: Maben, l’art-book de Naoki Urasawa.

Au fil de ces 200 pages, on y découvre toutes les facettes possibles de l’art d’Urasawa (certaines connues, et surtout d’autres insoupçonnées): dessins érotiques, études de personnages, planches agrandies, affiches diverses, hommages… tout y passe. On se régale grâce au grand format du livre, qui rend enfin justice au foisonnement de détails et au pouvoir évocateur incroyable dont fait preuve Urasawa dans ses dessins, souvent cantonnés au format de poche. On y découvre aussi la large palette de techniques utilisées: aérographe, acrylique, marqueurs, plumes, infographie, etc., nouvelle preuve de la maîtrise graphique d’Urasawa.

Copyright Naoki Urasawa/Studio Nuts et Shogakukan Inc.

Illustrations représentant Kenji, personnage principal de 20th Century Boys

Et le plaisir ne s’arrête pas là! Une fois le livre en main, on a vite l’impression de parcourir un vrai portfolio rempli de feuilles volantes trouvées ça et là à l’état brut. En effet, cet art-book a été conçu comme un recueil en vrac de ce qui traînait dans l’atelier du maître. Présentées sans ordre apparent, les pages nous plongent ainsi dans l’univers de travail de l’auteur, où l’on côtoie robots gigantesques, hippopotames sauteurs de haies, femmes en position lascive, grand-père comique et scènes d’anthologie. Ce Manben nous offre aussi un léger aperçu des anciennes séries d’Urasawa, toujours inédites en français (ou plus trouvables), comme Pinneapple Army, Yawara ou encore Le policier dansant. On se rend ainsi compte des efforts incroyables qu’Urasawa a dû accomplir pour arriver à son niveau actuel. La preuve la plus flagrante est le cahier spécial « Œuvres de jeunesse », où sont compilés les tous premiers essais de l’auteur, lorsqu’il n’était encore qu’un bambin et qu’il gribouillait en classe!

Comble de bonheur (les aficionados s’en lèchent déjà les babines), Naoki Urasawa nous offre une visite de son atelier. Et quelle surprise quand on découvre une petite pièce aux murs remplis de manga et à la planche à dessin plus que rudimentaire. C’est donc là que la magie opère, se dit-on, dans cet espace contigu. On prend alors conscience que l’originalité et la qualité d’un artiste ne sont pas synonymes d’ego surdimensionné ou de moyens techniques et financiers incroyables et que le talent et le travail se suffisent à eux-mêmes.

Copyright Naoki Urasawa/Studio Nuts et Shogakukan Inc.

Les personnages de 20th Century Boys au complet

Urasawa est une drogue. Mais heureusement pour nous, elle n’est pas toxique. Alors faites-vous plaisir et plongez dans ce recueil passionnant. Et pour ceux qui n’auraient encore jamais lu Monster, Pluto ou 20th Century Boys… dites-vous qu’il n’est jamais trop tard!

2 Responses to “Urasawa dans tout ses états!”


Laurent_Rive
13 juillet 2010 Répondre

J’ai découvert l’artiste tout récemment avec Pluto (très bon jusqu’ici), et j’ai du coup enchainé sur l’intégrale de 20th Century Boys et de Monster. Malgré un dessin que j’aime énormément et un soucis du scénario bien ficelé, il faut bien avouer que ça traine méchamment en longueur, quitte à diluer l’idée de départ dans un grand n’importe quoi pas forcément assumé (là je fais référence à 20th Century Boys où Urasawa à avoué ne plus savoir lui même où il allait sur la fin).

Est ce dû à la pression des éditeurs ou au bonhomme lui même ? Je ne saurais dire, mais du coup j’appréhende la suite de Pluto et j’espère qu’il saura éviter cet écueil cette fois.

clemence
19 août 2010 Répondre

Il y a peu, j’ai fini 20th Century Boys d’Urasawa. Il y a peu j’ai quitté Paris. Il y a peu, j’ai crée mon blog littéraire et l’un de mes premiers articles concerne cet auteur et cette œuvre ! Plutôt néophyte en la matière (BD) mais plutôt curieuse, j’ai beaucoup aimé ce manga (fleuve) tant dans la narration que dans le dessin si juste…même si je rejoins parfaitement le commentaire de Laurent notant que l’histoire traine un peu. Autour du tome 17, il ne m’a pas été rare de me demander si je n’avais pas déjà lu ce passage. Qu’importe, je vous paraphrase « Urasawa est une drogue » et Kenji assure son rôle de shoot !

Je vais donc continuer l’exploration de cet univers.

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