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15 mars 2012 |  0 like   |  4 vues

Une semaine, un disque: The Stranglers, « Giants »

C’est dans les vieux groupes que l’on fait le meilleur rock. Cette année, on l’a compris en trois mois. Pas mieux que l’an passé. Les jeunots du métier ont beau enfiler leur bleu de chauffe propret sans tâche, il en ressort toujours du moins bien qu’avant, chiffonné, froissé, salit. Et ce qu’il y a de bien avec les groupes dits « de vieux », c’est qu’ils font de bons disques sans qu’on le leur demande. Elément qui fait aussi que depuis les Libertines, voire l’éclosion des Arctic Monkeys, on se fait chier dans le rock british. Alors, un mois avant la sortie d’un énième album du parrain mod Paul Weller, ce sont les géants Stranglers qui s’y collent. Jean-Jacques Burnel, mythique bassiste du combo post-Punk, a toujours gardé l’état d’esprit du mouvement radical à crête auquel il appartient: « quand j’étais jeune, j’ai tout fait pour ne pas devenir vieux. C’est frustrant d’être encore en vie après avoir tout essayé. De plus, on vit dans une petite époque où il n’y a pas de grandes idées, alors aux vieux schnoks de se rebeller, 60 ans et toujours le poing levé… ». Pas que des brutes de Neandertal on vous dit. Les « étrangleurs » sont les derniers piliers encore debout du tourbillon révolutionnaire tant aimé de Miss Thatcher. Peut-être parce que leur new-wave s’étendait plus loin que les trois accords aiguisés des Sex Pistols, et aujourd’hui, à l’aube des check-up et autres tripotages uro-génitaux, les anciens avancent une main dans le froc et le majeur tendu vers le haut. Les Punk, plus ça devient vieux…

Rois de la provocation, géants de l’imprécation, on est pris à la gorge, d’entrée. Visez la pochette! Une balançoire, quatre cordes, quatre pendus. Violence délibérée sur fond de liberté folle. Et dès les premières mesures, la basse de Burnel tapote, vrombit, provoque, agresse: le baromètre d’un bon disque des Stranglers. Réconcilié avec ses fans, le groupe peut (enfin) s’appuyer sur un line-up stable, et ça s’entend. Guitare et basse se partagent la motricité rugissante de l’album (« Giants », « Boom Boom »), les claviers psycho-décérébrés nous rappellent au bon souvenir des Doors, et les baguettes de Jet Black – batteur de 73 ans – narguent tout bonnement une jeunesse qui a cessé de lui courir après, découragée par tant d’intemporalité. Si l’inspiration semble être revenue, l’efficacité, le groove et la rythmique tranchante (« Lowlands », « Time was on my side », « 15 steps ») sont la photographie des années fastes du groupe (« No more heroes » en 1977 et « Black and white » en 1978″). On retrouve un groupe comme on l’avait laissé: différent, nonchalant (« My fickle resolve ») et audacieux (« Adios », « Mercury rising »). Il n’est jamais trop tard pour être reconnu à sa juste valeur, et c’est ce qui fait de « Giants » un emmerdeur, un revers de la main qui envoie la nouvelle génération se refaire une virilité.

Gyslain Lancement

Nouvel album des Stranglers, \ »Giants\ », disponible en magasin

 

One Response to “Une semaine, un disque: The Stranglers, « Giants »”


eddyvanleffe
1 octobre 2012 Répondre

Pas mauvais, un peu en deça de NORFOLK COAST, il se fait un peu attendre, mais les 5 derniers morceaux sont de grands crus. mention spéciale à Mercury Rising et 15 steps

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