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25 octobre 2012 |  0 like   |  3 vues

Une semaine, un disque: Neil Young & Crazy Horse, « Psychedelic pill »

Neil Young est un homme occupé. Lorsqu’il n’est pas invité à un live de Pearl Jam – histoire de montrer humblement qui est le patron – il est toujours à cheval sur plusieurs fronts, avec ou sans son Crazy Horse. Ainsi, dans son autobiographie parue tout récemment, on découvrait le Loner passionné (le mot est faible) de trains électriques, de bagnoles anciennes (du corbillard épave aux oldtimers en tirage limités) tout en se préoccupant sciemment du futur de la musique. De sa musique. Neil Young en veut au mp3, plaçant le débat du désintérêt général au coeur de la piètre qualité sonore du format des années 2000. C’est en cela que l’on peut considérer « Psychedelic Pill«  comme un taquineur de modernité. Pour commencer, le canadien balance une intro de 27 minutes 37 secondes qui chasse d’emblée toute envie de plaire. Tout autant que l’on aurait envie de le laisser parler, on le laisse jouer, amplis ouverts et distorsion généreuse. Annoncé comme un double album de 90 minutes, celui qui fait suite à l’anecdotique « Americana » paru il y a six mois ne propose que neuf chansons au compteur! Et Neil se paie même le luxe de distiller deux mixes différents du morceau titre: l’un en « phasing » étourdissant, l’autre en mode « rough » assourdissant. Deux fois 3 minutes 20 où l’on retrouve une rythmique étrangement similaire au « Sign of love » de l’ouvertement critiqué « Le Noise » (2010), sauf que cette fois le Crazy Horse est là, derrière, en mode gras et binaire. On n’aura pas à chercher le chef d’oeuvre tellement longtemps, « She’s always dancing » est d’une efficacité et d’une intemporalité renversante, le « Loner à plusieurs » conserve la recette des grands morceaux. « Ramada inn » et « Walk like a giant« , tout en électricité saturée, tiennent chacun leur quart d’heure canadien, avec d’énormes références au passé musical de ces futurs septuagénaires qui ont germé avec le rêve californien. En tout cela et le tempo ralenti, ce « Psychedelic Pill » est presque un « Ragged Glory » (1990), mais avec vingt ans de plus, mort et vie du Grunge incluses. Et même si le disque sonne comme une récréation de quelques vieux (au sens monstres sacrés) enfermés dans une grange-studio, le cheveux filasse et entourés de Cadillac vintage (la plus récente doit être de 59), il met tout le monde d’accord.

Gyslain Lancement

2 Responses to “Une semaine, un disque: Neil Young & Crazy Horse, « Psychedelic pill »”


Miguel_Rive Miguel_Rive
26 octobre 2012 Répondre

Hello! Gyslain,

pepuis toujours, le loner aime alterner les cycles; électrique(avec Crazy Horse), puis acoustiques(Harvest). L’âge change rien à l’affaire, l’appel du « cheval fou » est toujours aussi fort…

Surtout, Neil Young fait ce qu’il veut, vite spontanément et intensément.

Je n’ai pas encore écouté cet album, j’en crains les longueurs, mais bon qu’a t’il a prouver encore?
Ah! Lisez son autobiographie, ça vaut le coup.

Gyslain_Fribourg
26 octobre 2012 Répondre

Hé Miguel! Et oui, Neil Young montre encore une fois qu’il a des c……. et en cette période d’aseptisation générale où l’on a de la peine à s’intéresser à ce que l’on nous vend de « nouveau », ce Psychedelic Pill est le meilleur remède

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