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12 février 2012 |  0 like   |  0 vues

Une semaine, un disque: Mark Lanegan, « Blues Funeral »

Au fond, pour quelles raisons connaît-on Mark Lanegan? Sa grosse voix le pose en grand méchant loup du Rock, sa « rauquitude » de bête en fait le partenaire idéal de la belle Isobel Campbell, et son passé au sein des Queens Of The Stone Age lui confère le bagou précoce d’un rockeur de l’âge de pierre. Ce qui lui manquera toujours? Le diable qui habite déjà Nick Cave – depuis qu’il a quitté Jim Morrison il y a quarante ans. Mais tout bien réfléchi, lorsqu’il s’agit de Blues tendance baroque, Mark Lanegan remue le sombre et la torture mentale comme personne. Ancien membre des Screaming Trees (et leurs sept albums en onze ans!!), il serait exagéré d’en faire un papa du grunge – on va parler stoner – mais depuis les « Gutter Twins » (2008), sans aucun doute la plus belle collaboration après son dernier album solo en date (« Bubblegum » en 2004), Lanegan a enchaîné les projets prête-voix sans que l’on n’y prête un intérêt poussé. A nouveau seul, moins clodo mais aussi profond qu’un Tom Waits, Lanegan veut rester fidèle à sa réputation et toucher l’auditeur en plein coeur. En un coup.

Que l’on soit bien d’accord, Lanegan n’enterre pas le blues. Musique d’esclave certes, blues de blanc évidemment, ce « Blue Funeral » est chargé d’une rugosité opaque qui laisse à peine percer le jour. Pas si difficile de s’enfoncer dans le profond Lanegan, son rock laisse pousser la saturation comme une mauvaise herbe (« Riot in my house ») et ses sentiments germent à priori dans la mélancolie (« The gravedigger’s song »). Marche funèbre ou complainte saugrenue? Mark Lanegan ne fait pas d’impairs, se veux perfide et tortueux (« Harborview hospital », « Ode to sad disco »), se saigne d’un hommage à ses « pères » (« Bleeding Nuddy Water », « Phantasmagoria blues »), en n’oubliant pas, au passage, de montrer que gothique peut rimer avec mélodique (« Gray goes black »). Rassurant. Les mâchoires serrées, on ne fera pas la fine bouche devant tant d’impassibilité vodouesque(« St Louis Elegy »), et puis quand bien même, les grands blancs s’y casseraient les dents (« Quiver Syndrom »). Sincèrement, la musique de Mark Lanegan sera toujours moins incisive que n’importe quel album de Nick Cave, mais elle bouchera aisément les dents creuses. Des petites alors…

Album \ »Blues Funeral\ », disponible en CD et Vinyl (Musikvertrieb)

One Response to “Une semaine, un disque: Mark Lanegan, « Blues Funeral »”


Celine
15 février 2012 Répondre

Quoi qu’on en dise je me pique avec ce début d’album depuis que la semaine a commencé. 15 SECONDS.
Anything more powerful? I doubt it.
Lanegan Sickness Disorder.
LSD.

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