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10 novembre 2012 |  0 like   |  7 vues

Une semaine, un disque: Benjamin Biolay, « Vengeance »

Outre le danger de faire un « La superbe » numéro 2 (paru en 2009 et maintes fois récompensé), le plus trop Benjamin de la chanson française devait éviter à tout prix de devenir la caricature de lui-même. Différent ce fut. Et on aurait même pu se permettre d’espérer mieux de sa « Vengeance« . Benjamin Biolay, « BB », soient les initiales les plus fûtées de la chanson française, pour un mec que l’on a souvent comparé à Gainsb…arre? Hasard de la vie. L’amour, la séparation, le lit double sans personne dedans… Un poil provoc’, Biolay n’a jamais été d’un grand optimisme. Et quelques semaines avant la sortie du disque, promo oblige, « Aime mon amour » paraissait trop beau et trop bien arrangé pour être considéré comme de la variété. Mais pourquoi est-ce que ce titre est si bien? Car en plus d’avoir le zeste de son géniteur, il aurait pu figurer sur n’importe lequel de ses albums. Avec sa gouaille grossièrement sensuelle, son esprit de sale gosse amorti et assumé, Je bois, je fume, je n’en fous plus une: le plus parisien des gones ne tombe pas dans le panneau de la rime à deux balles. Trésor trésor fait planer l’ombre de Bashung, son Bijou bijou à lui! Garni de nombreux convives, l’album nargue orgueilleusement les influences musicales de Biolay. Orelsan sur le poétique mais poussif « Ne regrette rien« , Oxmo Puccino sur le funky et nostalgique « Belle époque« , Benjamin arriverait presque à faire dire des obscénités à Vanessa Paradis sur « Profite » ou à convaincre Carl Bârat de se mêler un peu plus de ce qui se passe dans la patrie de Gainsbourg. Certes, on devine que l’influence de l’ex-Libertines ne se cache pas seulement derrière ce featuring musicalement malsain, mais aussi dans « le sommeil attendra » où l’invité de luxe montre bien qu’il n’est pas du genre à flirter avec la lune. Je jure d’être un homme affable plus qu’un homme à femmes, « Vengeance » est un album presque audacieux que l’on adorera – pour autant que l’on soit abonné à Telerama ou aux Inrocks – tel que l’on aimera détester les BB Brunes 2012, pas si loin sur les rythmiques disco-pop de « L’insigne honneur » ou du très réussi « Marlène déconne« . À part ça, Benjamin Biolay a 40 ans.

Gyslain Lancement

 

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