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blogueur
17 sept. 2012 |  0 like   |  9 vues

TOMIÉ : une semaine/un manga, avec Couleur 3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian de la Fnac chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : Tomié de Junji Ito, chez Tonkam.

Autant Suehiro Maruo est le mangaka d’horreur le plus apprécié au Japon, autant Junji Ito est le plus apprécié chez nous. Plusieurs fois traduit en français, notamment avec le culte Spirale ou encore Gyo et Le journal de Soïchi, Ito est à l’honneur cet automne avec la prochaine sortie d’une de ses œuvres les plus récentes, Black Paradox et surtout la sublime réédition de Tomié en un seul volume de 750 pages.

Tomié est une jeune fille étrange, à la beauté extraordinaire. Tellement extraordinaire, que tous les hommes tombent amoureux d’elle, comme sous hypnose. Démoniaque par essence, Tomié les manipule et fait d’eux ce qu’elle veut, semant le malheur et la mort chez les proches de ses victimes. Mais ces dernières l’aiment à un tel point que leur désir ultime est de la tuer de leur propre mains et de la découper en morceaux, ce qui ne manque pas d’arriver à la fin de chaque histoire. Seulement voilà, Tomié est bien plus prévoyante que ça et possède un pouvoir d’auto-régénération, qui lui permet d’être immortelle et de pouvoir se multiplier à souhait.

Junji Ito fait très fort avec Tomié. Il crée un personnage insaisissable, à l’origine et aux motivations inconnues. Tout ce que nous savons d’elle, c’est son mode opératoire et les tragédies qu’elles sèment dans son sillage. Le lecteur ne peut donc se rattacher à aucune explication rationnelle et tombe sans filet dans l’horreur instinctive. L’aspect social et psychologique de Tomié est également assez présent et décrit les divers comportements symptomatiques d’une société basée sur la compétition et le surpassement de soi. Car posséder Tomié est ici le but ultime des personnages, soit une représentation poussée à l’extrême de la pression inhérente que subissent les japonais au quotidien.

Réalisée entre 1987 et 2000, au rythme d’un épisode par année, cette saga évolue au même rythme que son auteur et nous permet de voir la progression de son style graphique et narratif. Devenu rapidement culte au Japon, Tomié a déjà connu neuf adaptations cinématographiques et télévisuelles et continue de hanter l’inconscient collectif des otakus.

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