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Écrit par
blogueur
29 sept. 2010 |  0 like   |  0 vues

Une virée americano-anglaise avec Ben Folds

Quand la figure emblématique du piano-rock rencontre l’écrivain anglais le plus rock’n’roll, les vapeurs vivifiantes d’un bon disque envahissent vos narines. Souvenez-vous, Hornby est l’écrivain qui fit passer l’acteur John Cusack pour un fan de bonne musique dans « High Fidelity », film mondialement apprécié tiré de son roman best-seller du même nom. Bon d’accord, Hornby avait un peu piqué la mouche quand il avait remarqué que la bande originale penchait plus du côté ricain (Love, Velvet Underground, Bob Dylan, Smog…) que de sa majesté England… Mais allez, il y a prescription. Ben Folds? Certainement un des mecs de la pop le plus doué en combinaison chant-piano, voir « génialissime ». D’habitude, ses albums sont plutôt corrects mais terriblement lisses, encore plus depuis son échappée des feu « Ben Folds Five ». Question inspiration, Hornby a heureusement plus d’idée que de cheveux sur la tête, on peut même dire que notre « divin chauve » manie la langue de Shakespeare comme un coiffeur manie le peigne, la tonsure littéraire anglaise n’ayant plus trop de secrets surprenants pour lui, mariant du comique, de la sensibilité et de la tendresse. C’est pourquoi « Lonely Avenue » a tout d’une oeuvre littéraire, un recueil poétique que les subtilités de la pop font soudain vivre en décibels mélodiques avec cette collaboration inattendue de deux mondes qui ne demandent qu’à se mélanger, à condition que ce soit bien réalisé.

En épurant les arrangements de ses chansons et en leur inculquant un son très 70’s, Ben Folds renvoi son public au meilleur de la musique pop américaine de l’après Beatles-mania. De « Working day » (qui n’a rien a envier à du Blur grande époque), véritable attaque frontale au monde du Web-critique , à « Lévi Johnston’s Blues », grosse marrade qui parodie l’ex-gendre de la vulgaire Sarah Palin (on a eu chaud), Folds manipule l’instrumentalisation symphonique moderne (« Picture Window ») et le boogie électrique (« Your dogs »). Au petit clin d’oeil particulier à « Doc Pomus », qui rend hommage au bluesman vintage de Brooklyn et ancien parolier d’Elvis et de Ray Charles, Ben y va de sa ballade traditionelle à dénomination féminine capable de faire pleurer un marin d’eau douce (« Practical Amanda », « Belinda »), décryptant les codes sensuels du slow langoureux sans être pompeux (« Password »), avec à la clé des singles « Bluriens » aux choeurs attendrissants imparable pour radios intelligentes, si seulement elles jouaient le jeu (« Claire’s ninth » et « From above »)…

Ce roman musical, cette virée sur route américaine à bord d’une anglaise (ou l’inverse) aurait été taillé pour la route des charts si il avait injustement porté la mention « Damon Albarn ». Mais qu’on se rassure, Folds a au moins autant de talent mais n’a certes pas un gorill(az) a entretenir. Avec l’aide de Nick Hornby, Ben apprivoise sa maturité musicale et signe l’album qu’on attendait de lui et qui vient garnir le palmarès des disques de 2010. Un Anglais et un Américain main dans la main à la base d’un grand disque, ce n’est pas commun, si? Consultez vos archives et rajoutez-y ce « Lonely Avenue »…

Extraits à écouter ici: 03 Levi Johnston’s Blues07 Claire’s Ninth09 From Above

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