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06 mars 2013 |  1 like   |  23 vues

Savages, +16 ans (2012). Back to basics…

Aujourd’hui, on plante le décor sur les plages californiennes pour profiter du paysage dans le dernier méfait d’Oliver Stone ! Mais je vous assure que vous n’aurez pas le temps de profiter de la vue et de l’eau chaude très longtemps ! On va suivre le destin de deux amis de toujours dont le trafic de marijuana a pris une telle ampleur qu’ils vivent leur vie de rêve pénards accompagnés de leur petite amie commune Olivia. Tout cela jusqu’à l’arrivée d’un vilain cartel mexicain qui, d’emblée, leur propose un deal. Là, d’un seul coup, la chute libre va commencer pour ne plus s’arrêter. Un peu comme si on passait du paradis à l’enfer…  et bien sûr sans passer par la case START et toucher les 20’000 francs. Je vous assure qu’il faut sortir armé car les vilains ne font pas dans la finesse !

Bienvenue dans une ambiance fumeuse et survoltée.  Péparez-vous à passer un moment tendu ! On est tout de suite plongé dans cette histoire fameuse à la classe certaine et une maîtrise du média qui fait du bien à voir… C’est prenant et la photo est splendide ! A l’image des deux protagonistes masculins (les interprètes de John Carter et de Kick Ass réunis et je vous assure qu’ils sont excellents et méconnaissables !) et de leur caractère, tout le métrage est basé sur l’équilibre. Comme le sont le Yin et le Yang. Les extrêmes vont dès lors se confronter, s’affronter, s’entremêler pour mieux se confondre. Telle la nature reprenant ses droits quand on ose pousser un humain dans ses derniers retranchements. Une réalité que le réalisateur use pour mieux démontrer toute la douceur de la nature, évoquant la liberté absolue ainsi que le bien-être sans fard, peut-être moins confortables mais tellement plus vivifiants, mais également l’étouffement de l’urbanisme nous rappelant les contraintes de cette société qui nous pousse irrémédiablement à en vouloir plus et être meilleur que l’autre. Ces oeillères qui nous invitent plus à l’intellect qu’à l’exaltation. Ainsi sommes-nous invités à suivre, un peu à la manière de Friedkin dans son Killer Joe, le changement de comportement dans ce qu’il a de plus sale, radical et négatif. Le film est une telle mise en abîme que celle-ci engage le spectateur dans une course contre la montre, aux émotions exaltées, durant laquelle les moments pour reprendre son souffle seront rares et salvateurs. Je vous assure que 131 minutes ne sont pas de trop pour nous faire vivre tout cela. A noter une dernière demi-heure un poil inattendue qui met la banane !
Bref, poignante, grisante et attachante, cette dernière folie de l’ami Stone est plus que plaisante et c’est tant mieux ! Même si le film est peut-être loin de certains de ses chefs d’oeuvre, il vous fera passer un bon moment !
On finit sur les bonus et là, par rapport aux disques actuels sortant, un effort louable a été fait car, en plus du déjà très bon traditionnel making of, la découverte de la conférence de presse pleine de coeur de la part de Stone et de toute l’équipe est très sympa. Il y a aussi l’avant-première du film, on passe un excellent moment pour peu que l’on aime tous ces géniaux frapadingues ^^ On finira traditionnellement sur l’image du film qui est magnifique, shootée en 35 mm ; certains plans sont de toute beauté ! On voyage littéralement dans des paysages naturels incroyables et hypnotisants. De plus, le côté contemplatif nous permet d’apprécier le très beau travail technique opéré sur l’ensemble du métrage. Une certaine leçon de cinéma donnée par le réalisateur le Platoon, Wall Street, JFK, The Doors, Tueurs Nés etc… ! N’hésitez pas à tenter le trip !

3 Responses to “Savages, +16 ans (2012). Back to basics…”


Christian
8 mars 2013 Répondre

Je le regarde ce soir!

Christian
9 mars 2013 Répondre

Done!

Un divertissement sympathique, néanmoins comme l’auteur du blog l’a déjà souligné avec raison, pas le meilleur du réalisateur et de loin.
Stone fait ce qu’il sait faire, à savoir se draper dans son style habituel consistant à concentrer tous ses efforts sur le polissage de la facette visuelle du film, afin d’en faire une jolie sculpture lisse et douce au toucher. Cependant, il en oublie d’écrire un scénario solide, avide de partager une vision ou une réflexion quelconque. Certaines ébauches d’idées tressautent par-ci par-là, sans qu’une main s’en saisissent avec fermeté pour en extraire toute leur substance. L’idée de l’amour à 3, cette relation en miroir inversé entre les deux compères, le retour à un état nature « Rousseauiste », ou encore la dualité Capitalisme mondialisé (incarnée par le cartel mexicain et sa distribution à grande échelle)/petite PME artisanale – aucune surinterprétation de ma part, on connait « l’amour » de Stone pour Wall Street, le capitalisme sauvage et tout ce qui en découle. Il en profite à nouveau pour casser du sucre à travers ce portait fantasmé du monde de la drogue – ne sont jamais véritablement exploités.

La conséquence directe de cette carence s’incarne dans une proéminence marquées des personnages secondaires, bien plus épais que la triplette de mauvais acteurs (bon allez, la blonde est plutôt bonne sans jeu de mots malséant), et franchement plus divertissants. John Travolta en cabotin survolté ne me lassera jamais, Del Toro est plutôt glaçant et c’est plutôt plaisant, la cerise sur le gâteau restant la ravissante Salma Hayek en baronne de la drogue coiffée d’une perruques à frange taillée à la cisaille. La froideur et l’absence d’émotion de Salma cache une tragédie familiale et l’amour inébranlable d’une mère pour sa fille qui m’ont ému malgré le côté « cool » et « je-m’en-foutiste » du film.

Le film n’a donc pas grand chose à dire, ce qui n’est guère gênant à mes yeux, puisque parmi mes préférés du réalisateurs se trouvent Tueurs nés et U-Turn, sauf que le côté bourrin et jouissif de ces derniers n’est présent qu’en demi-teinte ici. Du coup on attends une explosion de violence qui finit par ne jamais véritablement arrivé.

Sur le sujet de l’amour à trois, je conseille Jules et JIm pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu.

Didier_Lausanne
11 mars 2013 Répondre

Merci pour la critique Christian, j’aime beaucoup : le côté « cool » et « je-m’en-foutiste » du film, c’est tellement ça !
Pour mes films préférés de l’auteur ce sont :
– Tueurs Nés également
– The Doors (surtout je vénère les Doors ^^ et le film est plein de coeur)
– Talk Radio (un peu moins connu mais carrément accrocheur !)

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