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blogueur
09 sept. 2010 |  0 like   |  0 vues

Quand les corbeaux attaquent: The Black Crowes, « Croweology »

Les best-of, en général, ça sent toujours un peu le sapin. Cela annonce souvent la fin d’un groupe ou le disque contractuel obligatoire à boucler avant de changer de cremerie. Pour ce pseudo-break longue durée, les Black Crowes nous envoient de vieux relans de la Nouvelle-Orléans. Afin d’éviter la triste fin qui pend au nez de beaucoup (trop) de groupes, les corbeaux préfèrent « cow-boyiser » leur répertoire et revisitent leurs tubes et autres raretés en acoustique live s’il vous plaît.

« Jealous again », « Sister luck », « Remedy » et « Thorn in my ride » prennent un sérieux coup de roots où les choeurs féminins et harmonicas vintage subliment les riffs bluesy. On est heureux de redécouvrir les chansons des Black Crowes qui paraissaient incontournables il y a 20 ans, car le périple des frères Robinson (= frères Gallagher en moins poivrots) n’a pas toujours été une partie de plaisir depuis le succès intergalactique de « The southern harmony and musical companion » (1992). De 1996 à 2005, de dissolution en manque d’inspiration (certains mauvais singles passeront même en boucle sur MTV étriqués entre Shaggy et Eagle Eye Cherry – la télé, remêde à l’efficacité douteuse), la bande d’Atlanta va végèter dans le ventre mou du Rock, conscient malgré tout de son potentiel surpassant la moyenne. Ce n’est que depuis 2006 et dans une formation quasi identique à l’originale que le public reprendra goût au blues-soul incisif des Corbeaux Noirs.

Leur manière de rescussiter un quart de siècle en unplugged permet au groupe de boucler la boucle de façon originale à défaut dêtre impériale car le filon du studio-live fut remarquablement amorcé avec le double album « Before the frost… until the freeze », grosse pêche musicale de 2009. Les cordes vocales vieillissantes, la barbe pendante, les santiagues toujours affutées, Chris Robinson rassure quand même en chanteur soul-rock, flirtant avec les productions de Kravitz du début des 90’s (« Non fiction », « Ballad in orgency »). Comme deux vieux corbeaux déplumés assis autour d’un feu, la marie-jeanne au bec, les Black Crowes assurent. A disque exceptionnel, packaging extraordinaire, « Croweology » s’éfeuille comme de la lingerie fine sur le corps à maman un soir de portes ouvertes. La meilleure façon de se dire au revoir.

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