Damien
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11 mars 2015 |  0 like   |  3 vues

Musique : 28 février – étape 2 – Fri-Son, review d’EZ3kiel

De retour pour la suite de cette soirée mémorable entre le Goulag et Fri-Son. Ceux qui auraient manqué le début peuvent retourner à l’étape 1. Vous pouvez aussi accéder à la revue de l’album Lux dans cet article.

Voyage aux confluents de la musique et de l’image
Stéphane Babiaud à la percu © Jean Marc Ayer

Stéphane Babiaud à la percu. © Jean-Marc Ayer

A l’aide de ma petite navette, j’aborde donc vers 21h00 le croiseur stellaire Fri-Son, encore amarré au dock n° 13 de la Fonderie, quelque part en orbite autour de Fribourg. Car c’est bien pour une odyssée spatiale que nous embarquons ce soir avec aux commandes les membres d’EZ3kiel, seuls à en contraire l’itinéraire. Je m’assure d’avoir tout l’équipement nécessaire (ma combi de survie et mes pastilles d’iode) pour survivre et de quoi immortaliser le périple… à moins que ce soit moi qui me fasse immortaliser et définitivement…

Mais EZ3kiel, d’où viennent-ils ? Basés à Tour, ils doivent leur nom à la célèbre réplique culte de Pulp Fiction scandée par Samuel L. Jackson avant d’occire son prochain, citant des versets tirés du livre d’Ezéchiel. Inspirés, les membres fondateurs en adoptèrent ainsi le nom de son auteur. Quant au 3 à la place du « e », n’y voyez aucune quelconque cogitation artistique soigneusement planifiée, c’est simplement que le nom de domaine ezekiel.com était déjà pris.

Sylvain Joubert à la basse © Jean Marc Ayer

Sylvain Joubert à la basse © Damien Brülhart

Polymorphes et touche à tout par nature, ils n’eurent de cesse depuis que de faire évoluer leur style au cours de leurs aventures musicales, se réinventant perpétuellement. A la base fusion (influencés par Fishbone), puis dub et électroniques, ils se transformèrent notamment en boîte à musique Tiersenienne pour le projet Naphtaline, allant jusqu’à mettre à contribution un orchestre symphonique pour pouvoir le présenter en live. Saupoudrant le tout de post rock et de trip hop, ils n’hésitent jamais à repousser les limites de leur univers désormais très vaste. Mais leur trip, c’est bien la scène et cette façon unique de mélanger art visuel et sonore, chaque album n’étant finalement qu’un prétexte pour repartir en live vers une nouvelle dimension.

21h30 Les membres d’équipages prennent leur poste : Joan Guillon à la guitare et machiniste, Stéphane Babiaud, percussion et pilotage, Sylvain Joubert à la basse et navigateur, et pour finir Yann Nguemma chargé des effets visuels et de la vie à bord, gérant l’immense matrice 12×4 appelée magic screen, se faisant interface entre le monde visuel et sonore. Les amarres se libèrent, la nef se dégage lentement de son dock et met le cap vers un univers inconnu… le Lux Tour commence enfin !

Joan Guillon, guitare et machines © Jean Marc Ayer

Joan Guillon, guitare et machines © Jean-Marc Ayer

Born in Valhalla en est la première étape. La machine s’illumine et semble préchauffer, ses éléments commençant à osciller gracieusement à mesure que l’intensité musicale grandit. Quelques spots apparaissent, arrive le pont et enfin… le blast. La pleine poussée est engagée et les panels se tournent pour laisser apparaître leur LED. Un avertissement sans frais de ce qui va suivre, sous peine de faire aplatir contre la coque si l’on ne prend pas garde. En effet l’épisode suivant nous mène directement dans L’œil du cyclone, visuellement peut-être le plus impressionnant. Au travers d’un brouillard sonore, un objet sphérique hérissé de gerbes de lumières violacées apparait sur l’écran s’animant à chaque pulsation de la basse, transite d’un bout à l’autre, éclate sur les crashs de percussion, se divise et se reforme au gré d’un tourbillon de guitares. Transpercé de temps à autre par un faisceau laser, l’œil formé par les panels entre dans une transe post-rock jubilatoire, démonstration d’harmonie dans le chaos.

Moteurs en préchauffe © Damien Brülhart

Moteurs en préchauffe © Damien Brülhart

A l’approche de Reflections (Lux continuum, uniquement disponible lors des concerts ou en ligne), corps céleste hautement toxique, les voyants passent au rouge reflétant la traversée d’une zone mortelle ou rôde le dub radioactif et les hurlements de guitares. Les LED crépitent de mille feux constellant la matrice survoltée. Puis tout se suspend avec Anonymous, plus trip hop et apaisé, captation d’un mystérieux message inquiétant projeté sur le dos des panels. L’hypnotique Via Continum (Handle with Care) réinstrumenté pour la circonstance, relance la machine petit à petit pour aboutir à des explosions stoner à faire trembler la coque, ballotant le screen en tous sens.

L'Oeil du Cyclone © Damien Brülhart

L’Oeil du Cyclone © Damien Brülhart

Les péripéties ne sont pas terminées car on s’approche d’un des objets les plus dangereux et rayonnant de l’univers dont un solo de batterie midi se fait prémices rejetant des flashes lumineux sur l’écran principal. Lux apparaît en un véritable quasar alimenté par son disque d’accrétion projetant à ses extrémités de phénoménales quantités de d’énergie dub et électroniques aveuglantes, plongeant l’appareil dans le tambour d’une machine à laver.

Vient alors le temps d’une épopée héroïque post rock sous une voute céleste tissée au laser transperçant le magic screen. Dead in Valhalla se fait théâtre d’un tragique choc de titans aux confins du cosmos. Puis c’est au tour du terrible Lust (Lux Continuum) massif, électrique avec ses relents de guitares acérées, laissant place au magnifique Dusty en suspension dans un champ de débris stellaires.

Lust © Jean Marc Ayer

Lust © Jean-Marc Ayer

Il est alors le temps d’expérimenter l’atmosphère en Zero Gravity et de planer parmi les images mappées sur la scène. Mais tout voyage doit se terminer et c’est Versus qui se pose en générique de fin, rappel des temps anciens de l’album Barbary donnant lieu à un dernier feu d’artifice.

A la clameur du public, les musiciens reviennent pour un ultime tour de manège avec Wagma (Battlefield) lent, heavy et stoner progressant vers un splendide blast lumineux et pour finir l’obstiné Antiloop (Lux Continuum) assis sur un même motif circulaire, véritable démonstration de composition explosant dans un dernier mur cosmique final.

La nef retourne à son port d’attache, nous ramenant sains et saufs cette odyssée au croisement des univers sonores et visuels qui restera à jamais gravée dans nos mémoires.

La basse est à fond © Jean Marc Ayer

La basse est à fond © Jean-Marc Ayer

L'Oeil © Jean Marc Ayer

L’Oeil © Jean-Marc Ayer

Joan Guillon © Jean Marc Ayer

Joan Guillon © Jean-Marc Ayer

Lux ex musica © Jean Marc Ayer

Lux ex musica © Jean-Marc Ayer

Born in Valhalla © Jean Marc Ayer

Born in Valhalla © Jean-Marc Ayer

Stéphane Babiaud © Jean Marc Ayer

Stéphane Babiaud © Jean-Marc Ayer

Mapping sur le magic screen © Jean Marc Ayer

Mapping sur le magic screen © Jean-Marc Ayer

Ne cherchez pas le frein. Y'en a pas ! © Jean Marc Ayer

Ne cherchez pas le frein. Y’en a pas ! © Jean-Marc Ayer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à Jean-Marc Ayer d’avoir mis à dispositions ses sublimes photos!!

 

Born in Valhalla © Damien Brülhart

Born in Valhalla © Damien Brülhart

L'Oeil du Cyclone © Damien Brülhart

L’Oeil du Cyclone © Damien Brülhart

Lust © Damien Brülhart

Lust © Damien Brülhart

Lust © Damien Brülhart

Lust © Damien Brülhart

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ceux qui voudraient les voir ou les revoir en concert, il se pourrait bien qu’ils repassent en Suisse entre ce printemps et cet été. En attendant voici un dernier tour de manège pour patienter (n’hésitez pas à les passer en full screen et en 1080):

 

Sites :
http://www.ez3kiel.com/
http://ezekiel.forum-actif.net/
https://www.flickr.com/photos/jeanmarcayer/sets/72157648799354464/with/16490860657/
http://www.fri-son.ch/

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