Écrit par
blogueur
09 mai 2013 |  0 like   |  10 vues

Lincoln (2012) de Steven Spielberg. Vous serez déçus… ici il ne tue pas de vampires !

Pour de multiples raisons, d’ailleurs un brin plus subtiles que celle évoquée dans mon titre d’article, ce film aura beaucoup fait parler de lui ! Si certains attendaient un biopic sur le président américain, c’est avant tout un métrage sur l’abolition de l’esclavage devant lequel on se retrouve. Le film se déroule sur une courte période et a pour mission de vous montrer par quels stratagèmes Abraham a réussi à faire accepter ce treizième amendement et en même temps mettre fin à la guerre de Sécession. Un moment d’histoire poignant, à la montée en puissance incroyablement addictive… pour peu que l’on soit intéressé par le sujet ! Un grand plongeon dans cette étape clef de la démocratie américaine qui, par là même, changea le monde et son regard.
Mais lorsque l’on parle du film, on pense avant tout à l’incroyable interprétation de Daniel Day Lewis et c’est amplement légitime. Effectivement les Oscars, Golden Globes et autres BAFTA ne s’y sont pas trompés, son incarnation relève du génie, et il mérite tous les éloges faits à son sujet… même si après tout ce qui a été dit, j’en attendais encore plus en découvrant le filmSpielberg sait traiter ses sujets et les magnifier avec sa caméra, c’est une certitude ! Il donne ici un rôle quasiment divin à cette personnalité – adulée voire vénérée – grâce à ses jeux de lumière et ses cadrages, amplifiant l’incroyable aura dégagée par l’acteur dans sa composition de rôle, soulignant également toute la solitude du personnage mais également son côté humain et perdu dans certaines décisions familiales. Toute en retenue, mais à la classe sans limite. Quelques autres acteurs gravitent autour et savent tirer admirablement leur épingle du jeu comme Tommy Lee Jones dont le rôle, sentimentalement, ravira presque la vedette à l’acteur principal sur la fin du métrage qui est, par ailleurs, un véritable concentré d’émotions.

On savait déjà Steven Spielberg maître du divertissement et la Liste de Schindler ainsi que Munich nous avaient également montré sa volonté de reproduction de faits historiques. Mais ici le maître réalisateur accouche peut-être du film de la maturité en nous proposant ce métrage dont la montée en puissance repose sur le talent d’écriture et des acteurs. Pas de grands coups d’éclats, d’action omniprésente ou d’effets spéciaux en tous genres. Les deux heures trente seront peuplées de dialogues incessants pour certains ou merveilleusement palpitants pour d’autres. Ainsi le côté posé de la première heure, pouvant paraître long comme mise en place, n’aura d’autre but que d’allumer profondément la flamme chez le spectateur afin de l’engager au mieux dans cette histoire avec un énorme H. Alors oui, ça parait très académique, mais le métrage est tellement dense en informations qu’il se serait noyé tout seul en voulant l’enrichir encore. On pourrait dire du film qu’il est très classique mais, à mes yeux, la mise en scène est parfaitement adaptée au sujet.

On pourrait également dire que le film est une immense métaphore comme le 16e président aimait tant en faire . Effectivement, Spielberg joue admirablement avec cette spécificité et on a droit à un festival d’anecdotes racontées de la part de Lincoln afin de mieux faire comprendre à son conseiller l’étendue de certains problèmes, mais aussi les chemins de traverses qu’il se doit d’emprunter pour faire passer ses idées. D’ailleurs, c’est dans ce genre de moments que l’on se rend compte de la perversité du système démocratique. Comme une partie d’échec ultra calculée qu’il faudra aborder avec un sérieux absolu, tout en étant prêts à faire des compromis, des concessions, ou à mentir en vue d’arriver à ses fins. Pour ce qui est du film dans sa totalité, on comprend très bien que les questions relevées s’appliquent à merveille aux situations d’aujourd’hui concernant la démocratie mondiale, mais également les craintes qu’elle peut soulever quant aux changements intervenants en réponse à celle-ci.

On se quitte avec un tour de champ de bataille des bonus !
Ils sont nombreux et informatifs à souhait mais je pense que pour vous faire une opinion digne de ce nom, il faudra vous informer de nombreuses manières afin de comprendre au mieux les enjeux de l’époque ainsi que certaines facettes absolument pas abordées dans le film. L’économie, par exemple, qui était un point important dans le débat ou encore la bataille du rail qui battait son plein. En ce qui concerne la vision cinématographique du métrage, c’est une grande réalisation comptant parmi les toutes meilleures du maître américain qui n’a pas fini de nous éblouir et de nous étonner !

Leave a Comment