Miguel
Écrit par
blogueur
22 avril 2012 |  0 like   |  2 vues

LEE HAZLEWOOD « LHI YEARS: Singles, nudes & backsides(1967/1971) ». Light in the Attic. 2012.

La nouvelle va faire du bruit chez les fans de Lee Hazlewood; les toujours parfaits Light In the Attic ont la ferme intention de rééditer l’ensemble de la œuvre du redoutable moustachu(j’ai bien dit TOUT), même ses films(« Cowboy in Sweden).

Même si certains disques sont disponibles, la période suédoise du monsieur est assez dure à trouver. Du coup pas mal de copies pirates de cd’s circulent  sur le marché ou se vendent au prix fort sur Ebay.

Oh, il y a bien eu au début des années nonante quelques titres chez Smells Like a Record le label de Steve  Shelley(batteur de Sonic Youth), très vite épuisés  et introuvables depuis.

Mais qui est cet énigmatique, moustachu, au faux air de Sonny Bono(Sonny & Cher)sur la photo, vous  demandez-vous?

Lee Hazlewood avec sa voix de baryton, à mi-chemin entre Leonard Cohen et Johnny Cash, partage quelques points communs avec Serge Gainsbourg; plus âgé, que ses contemporains de la pop(40 ans en 69)  et tout aussi féru de duos, ajoutez à cela une certaine forme de cynisme dans les paroles.

Ses textes sont marqués sous le sceau de l’ironie, pour s’en rendre compte, voici  quelques uns de ses titres d’album: « Poet, Fool or Bum », « Love and other Crimes » ou encore « For Every Solution there’s a Problem ».

 

Biographie:

Après son service militaire  pendant la guerre de Corée, à son retour il travaille comme DJ pour une radio(il sera le premier à diffuser Elvis à Tucson).

Par la suite, à la fin des années 50 il produit les disques de Duane Eddy(le roi du « twang* »), à qui il conseille de jouer ses mélodies sur les cordes graves de sa guitare. Il a l’idée de génie de faire passer le son de sa guitare dans une citerne pour créer un effet de écho/réverbération assez unique.

A l’époque un futur génie de la production fait ses premiers pas dans le studio de Hazlewood: Phil Spector, les mauvaises langues murmurant que l’apprenti se serait beaucoup inspiré des techniques du moustachu pour créer son « Wall of Sound »…

Mais ce qui va faire connaître Lee Hazlewood, à partir de 1966, c’est ses productions pour Nancy Sinatra(« These Boots are made for walking »).

Ils chantent également en duo(« Some Velvet Morning »/ « Jackson »).

Après un dernier album avec Nancy Sinatra(« Nancy & Lee again ») en 1972, dans lequel il fait ses adieux en musique à la belle, Lee, repart pour la Suède.

Lassé par le show business, il y passera toutes les années 70/80, en semi-retraite.

A partir de la fin des années nonante il recommence a publier des albums.

Une dernière collaboration avec Nancy Sinatra verra le jour en 2004(« Nancy & Lee 3 »). Puis un ultime album « Cake or Death » en 2007.

le chanteur est diagnostiqué d’un cancer des reins et décède le 4 août 2007.

Fidèle à son grand sens de l’humour, Lee arborait fièrement un t-shirt « I’m not  dead yet* » lors de ce qu’il savait être sa dernière fête d’anniversaire.

 

« LHI YEARS », l’album:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les initiales LHI sont pour Lee Hazlewood Industries, le label crée pour les productions de Monsieur Lee.

La pochette est ornée d’une photo inédite d’une cette séance avec des filles nues, à lunettes et of course…moustache.

Plutôt que de nous proposer un simple best of , pour cette compilation, Light In Attic est allé chercher des titres rares parus uniquement en 45 tours, et a opéré un choix de quelques morceaux parmi les albums(le rarissime « Cowboy in Sweden ») et « 40 ».

La part belle est faite aux duos avec L’actrice Ann -Margret, Suzi Jane Hokom et  Nina Lizell.

Cerise sur le gâteau, on a même droit à un morceau inédit « I just learned to run ».

L’inspiration est très country mâtinée de  d’envolées de cordes majestueuses(on se croirait dans un western). Ajoutez à cela parfois des cuivres, variété pour la touche kitsch.

Grâce a Light In The Attic, le culte obscur qui entoure Lee Hazlewood va se répandre partout dans le monde et la moustache redevenir à la mode!

 

 

* »Twang », littéralement, onomatopée pour le son brillant et claquant émis par une de guitare, Fender ou Gretsch et popularisé par Duane Eddy.

* »Je ne suis pas encore mort »

 

 

One Response to “LEE HAZLEWOOD « LHI YEARS: Singles, nudes & backsides(1967/1971) ». Light in the Attic. 2012.”


Gyslain_Fribourg
5 mai 2012 Répondre

Bravo Miguel, et quel artiste, quel disque! Un génie oublié dont Bill Callahan est quasi le seul héritier vocal!!!

Leave a Comment