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blogueur
19 novembre 2012 |  0 like   |  7 vues

KYO-ICHI : Coup de coeur du mois – une semaine/un manga, avec Couleur 3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian de la Fnac, chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine dans Coup de coeur du mois : Kyo-Ichi de Motorô Mase, chez Kaze.

Ayant connu le succès grâce à Ikigami, adapté en deux films, Motorô Mase revient avec Kyo-Ichi, un manga tout aussi politiquement incorrect, mais bien plus horrifique que ces œuvres précédentes.

Qui est Kyo-Ichi, cet adolescent terrifiant, apparemment immortel, et qui demande toujours à ses victimes de s’excuser ? La seule chose sûre, c’est cette marque qu’il porte et qui se propage auprès des lycéens tokyoïtes, les liguant contre les adultes.

Personnage central et plus qu’inquiétant, Kyo-Ichi est le symbole d’une jeunesse désabusée et en total désaccord avec le monde que les adultes leurs ont préparé. Dénonçant clairement l’inaptitude des institutions à s’adapter à une société en pleine évolution, Mase reprend ses thématiques d’Ikigami et les traite avec encore plus de virulence. Pour lui, il n’y a pas de bons et de méchants, mais simplement deux générations qui ne se comprennent pas et qui créé un fossé de plus en plus grand, aboutissant à des tensions sociales de plus en plus dangereuses pour le bien-être des individus. Car si les revendications de Kyo-Ichi et de sa secte en pleine progression sont valides, ses méthodes elles peuvent être condamnables. Son ambition aveugle le pousse à détruire pour assouvir sa frustration et sa vengeance, mais il ne prend pas en compte le danger de la pensée unique qu’il veut lui-même instaurer, quitte à devenir au final comme la société adulte qu’il rejette.

Mase est donc assez intelligent pour ne pas tomber dans la polémique facile et nous offre en plus de ça un thriller fascinant à part entière. À l’horreur d’une situation sans issue, il ajoute l’horreur physique plus pure et animale, qui ajoute une atmosphère sale, déviante et encore plus malade que le récit lui-même. Aspect inédit jusqu’à maintenant dans son œuvre, cette transformation du physique pour rejoindre le psychique souligne une fois de plus l’absurdité dangereuse de ce genre de situation et, à l’instar d’Ikigami, anticipe sur une situation contemporaine qui risque de dériver et de devenir irrattrapable.

Comme un signal d’alarme, Mase continue son œuvre dénonciatrice grâce à un récit qui nous prend aux tripes et au cerveau !

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