Écrit par
blogueur
31 janvier 2011 |  0 like   |  3 vues

Jason et Vehlmann, un duo absurde et improbable!

Copyright Jason, Vehlmann et Glénat

Absurde, vous avez dit absurde ? C’est ce que nous propose L’île aux cent mille morts, rencontre improbable entre l’auteur de Seuls, Fabien Vehlmann et l’auteur norvégien de J’ai tué Adolf Hitler, Jason.

Après avoir trouvé la carte du trésor de l’île aux cent mille morts dans une bouteille à la mer, la jeune Gweny décide d’engager des pirates pour aller à la recherche de ce fameux butin. Une fois en mer, on apprend que Gweny veut en fait retrouver son père, parti cinq ans plus tôt pour trouver ce même trésor. Mais arrivée sur l’île, elle comprend vite qu’il n’y a pas de trésor, mais une école de bourreaux en manque de cobayes, qui envoie régulièrement des bouteilles à la mer pour attirer les esprits aventureux. Avec l’aide du sous-doué Tobias, elle va s’infiltrer dans l’école pour savoir ce qu’il est advenu de son père.

Copyright Jason, Vehlmann et Glénat
Le jeune Tobias en plein maneuvre de recrutement.

Album à la pointe de l’originalité, L’île aux cent mille morts ne veut pas dire grand-chose. Ici, pas de moral, pas de quête spirituel, pas de personnages torturés ou autres réflexions philosophiques à avoir. Simplement, une aventure rocambolesque, souvent surprenante, parfois sans queue ni tête, mais une sacrée aventure quand même ! On ne pouvait pas attendre moins de Jason, auteur au style reconnaissable entre tous, qui nous sert une nouvelle fois ces personnages apparemment sans émotions, aux visages continuellement hébétés et qui se posent rarement des questions. Il signe ici le dessin et la mise en scène et collabore pour la première fois avec un autre auteur, Fabien Vehlmann, qui apporte une touche décalée grâce à des dialogues d’une absurdité sans limites. Par exemple, le bourreau en chef, qui après avoir vu les plans d’un canon qui permettrait de tuer dix personnes d’un sel coup, se pose à sa fenêtre et se dit : Je ne sais pas… Quand on se met à tuer à la chaîne. Je m’interroge sur ce qui reste de noblesse à notre métier… ou encore lorsqu’un professeur de pendaison discute avec son collègue du cours d’étranglement et lui dit : Dites donc, elle a pas été étranglée consciencieusement celle-là. M’a pas l’air bien doué votre élève. C’est à ce genre de répliques que vous aurez droit si vous vous plongez sans freins dans cette histoire délicieuse, originale et tellement jouissive !

Leave a Comment