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17 décembre 2012 |  0 like   |  8 vues

Hoshino, l’espace, l’humanité… et Noël !

Repoussé pendant un an, la sortie de 2001 Nights Stories est enfin effective pour ces fêtes 2012 ! Et ****** quel pied !

Mangaka et illustrateur culte au Japon et dans une bonne partie de l’Occident, Yukinobu Hoshino n’avait pourtant jamais été traduit en français. Et bien, c’est désormais chose faite avec ce 2001 Nights Stories, une œuvre ample, dense et grandiose présentée dans une édition toute aussi grandiose.

Estampillé de la mention « version d’origine », ce manga est présenté dans la version souhaitée par l’auteur, au point qu’il a lui-même supervisé toute l’élaboration du coffret. Les 750 pages sont divisées en deux volumes au format 30X21 (un peu plus grand que du A4) ; l’impression est en couché-brillant, révélant ainsi toute la profondeur des noirs ; plusieurs pages couleurs ainsi que les couvertures peintes de chaque épisodes sont présentes (parfois sur pages dépliantes) ; et enfin, il y a le tiré-à-part numéroté à 2001 exemplaires et signé de la main de l’auteur. Et grosse cerise sur le gâteau : au dos du tiré-à-part se trouve un dessin original d’Hoshino!! Une première donc pour un livre vendu en librairie, Hoshino ayant réalisé 2001 portraits différents pour cette édition limitée de 2001 Nights Stories.

Et comme si la forme n’était pas assez sublime, le contenu est lui encore plus époustouflant. Basé sur l’univers créé par Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke pour 2001 : l’odyssée de l’espace, l’intrigue couvre plusieurs siècles de conquête de l’espace, de découvertes et de colonisation. Tout au long de 19 histoires courtes, Hoshino dépeint l’évolution de l’humanité face au vide inter-stellaire et aux nouveaux horizons et possibilités qui se présentent. L’universalité du thème permet ainsi de couvrir une large palette d’émotions, d’intrigues et d’inter-actions. Les comportements des personnages font l’apologie de la curiosité humaine, dans ses aspects clairs, comme sombres. Chaque récit impose un choix aux explorateurs, souvent plein d’espoir, mais aussi plein d’incertitudes. Hoshino décrit ses personnages comme faisant parti d’un tout, d’un ensemble uni et tirant sa forme du groupe. C’est cette philanthropie qui transparaît le plus dans 2001 Nights Stories et qui donne au lecteur une bouffée d’optimisme rare dans la production actuelle de fictions. Mais en même temps, ce manga date des années 1980.

Exposé au British Museum en 2009 (chose rare), Yokinobu Hoshino se démarque aussi et surtout par son trait. Car si les visages des protagonistes peuvent être qualifiés de classiques, ils n’en reste pas moins d’une efficacité toute japonaise, qui fait complétement écho à la naissance du cyber-punk (on retrouvera d’ailleurs son influence dans Gunnm et Akira). La pièce maîtresse sont sans conteste les décors, les planètes, et les vaisseaux. Faisant preuve d’un réalisme passionné,  chaque détail de l’univers crée est crédible et nous permet une immersion totale. Étant peintre de formation, on sent fortement ses influences transpirer ici. Chaque scène prend une ampleur inédite et laisse l’espace devenir un personnage à part entière, comme l’avait fait 2001 : l’odyssée de l’espace en 1968.

2001 Nights Stories est donc un chef-d’œuvre encore peu connu chez nous, mais qui mérite plus que notre attention tellement son humanité et sa beauté sont fascinantes. Et puis bon, il n’y en aura que 2001 !

2 Responses to “Hoshino, l’espace, l’humanité… et Noël !”


chauvet
17 décembre 2012 Répondre

Ce n’est pas tout a fait vrai, le trou bleu en deux tomes (chez casterman) avait déjà permis il y a une douzaine d’années de découvrir l’auteur dans une édition francophonne.

Florian_Lausanne
18 décembre 2012 Répondre

Merci pour cette information qui m’était passée à côté.
Dommage que ce « Trou Bleu » soit épuisé!

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