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20 février 2012 |  0 like   |  10 vues

Front Mission – Dog Life & Dog Style : une semaine / un manga, avec Couleur3

Chaque lundi, aux alentours de 16h30, votre humble serviteur Florian De La Fnac chronique un manga de son goût: une découverte, un classique ou une curiosité.

Cette semaine : Front Mission – Dog Life & Dog Style de Yasuo Otagaki et C.H. Line Line, chez Ki-oon.

Adapté du jeu-vidéo du même nom, Front mission – Dog Life & Dog Style est une nouvelle série au potentiel surprenant. En effet, derrière cette couverture quelque peu austère, on s’attendrait à découvrir un récit de guerre futuriste, où les scènes d’action seraient prédominantes. Eh bien, non ! Ici, ce sont les personnages qui sont à l’honneur et la violence des combats est laissée en retrait. Et c’est tant mieux !

En 2090, une nouvelle île volcanique a fait surface au large du Japon. Encore vierge, ses ressources naturelles sont riches et paraissent inépuisables. Ni une, ni deux, les deux plus grandes puissances de la planète vont tout faire pour s’accaparer le maximum de territoire de cette île, nommée Huffman. D’un côté l’United States of the New continent (USN), qui regroupe tout le continent américain et de l’autre,  l’Oceania Community Union (OCU), qui regroupe les pays de l’Asie du Sud-est et de l’Océanie. C’est donc dans ce décor qu’un jeune photographe-journaliste japonais va se retrouver sur Huffman, avec pour mission de prendre des clichés au plus près des combats. Le problème est qu’il est tellement efficace qu’il va révéler les plus horribles atrocités de la guerre et cela ne va pas plaire aux deux superpuissances qui, bien entendu, œuvrent pour le bien de l’humanité…

S’éloignant de la trame du jeu-vidéo, le scénariste Yasuo Otagaki, à qui l’on doit le très bon Moonlight Mile, ne prend que le décor existant pour y raconter une histoire complexe et actuelle. Comme dit plus haut, il n’est pas ici question d’action, de combats ou de gros bras, mais de psychologie et de dénonciation. Et plus particulièrement de la rôle du journaliste de guerre. Pris dans la tourmente, nous suivons trois journalistes, qui vont vivre ces évènements de manière aussi différentes que ne l’ai leur caractère. Akira Matsuda se rend pour la première fois sur l’île, en tant qu’envoyé spécial TV. Leona Kurihara est l’envoyée spéciale en charge sur place depuis plus d’un an et se réjouit de rentrer. Et, enfin, Kenichi Inuzuka est le photographe officiel de la chaîne. Mais, tout va basculer, lorsqu’une contre-attaque violente va être portée sur Freedom, la capitale de la partie OCU. Leurs vies vont prendre un tournant radical, pour le meilleur, comme pour le pire.

Et si Leona et Akira sont les personnages classiques de l’intrigue, auxquels on s’identifie facilement, Kenichi est, lui, l’élément étranger et déterminant. Il n’est pas horrifié ou touché émotionnellement par ce qu’il voit au quotidien. Il est d’une neutralité incroyable et parfois affligeante, comme s’il ne ressentait rien. C’est ainsi ce trait de caractère qui fait de lui le témoin idéal de cette guerre et de ses horreurs. Otagaki nous pose alors la question de la place du journaliste dans la guerre. Car pour chaque être humain suffocant sous le souffle des bombes, il y a un photographe qui le prend en photo et qui du coup n’intervient pas. Quelle est la chose juste à faire : l’aider ou le photographier ? A quel moment l’humain prend le pas sur le professionnel ? En l’occurrence, Kenichi est le prototype absolu du journaliste extérieur et non-impliqué. On se dit alors qu’il est inhumain, mais plus l’histoire avance et plus on réalise que ses clichés pourraient bien faire changer le cours de la guerre.

Front Mission – Dog Life & Dog Style est donc une très bonne surprise, un manga qui parle de son époque de manière fine et efficace. A découvrir !

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