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blogueur
25 janvier 2013 |  0 like   |  11 vues

Django Unchained, +16ans (2013) La classe à l’état pur !

Assister à la vision du nouveau film de Tarantino, c’est comprendre ô combien le maître réalisateur a tout compris au 7ème art. Le métrage transpire le génie à tout bout de champ tant l’impression d’assister à un moment unique, d’une maîtrise technique absolue, est palpable. Pourtant le scénario est des plus simple ; mais c’est là qu’on reconnait l’envie de séduire de l’auteur (et de se faire plaisir lui-même !!!), d’entraîner son spectateur dans une histoire – vouée à devenir une légende – et de le faire vivre et vibrer, en s’évadant à la découverte de son «conte».
Au rythme de ses plans ralentis (accentuant avec maestria la dramaturgie) qui semblent être bercés par la mémorable bande son fusionnée avec une harmonie à peine croyable aux images, on entre dans la danse dès les premières secondes du métrage. Aussi, comme à son habitude, les dialogues ultras soignés, savoureux, à double tranchant et d’un humour plus qu’omniprésent sont légion et asseyent le règne du réalisateur américain fou sur la compréhension de son média. Le tout meilleur du divertissement barré, terriblement intelligent, que peut offrir le cinéma. Une symbiose rare donnant lieu à des scènes mythiques mais aussi des situations plus invraisemblables les unes que les autres. De toute façon, qu’importe, nous sommes transportés dans un de ces univers où tout peut arriver et les claques que procurent certains éclats – de folies en tous genres, il va sans dire, on est chez Quentin ! – dans le film, sont le point d’orgue du bonheur absolu, mais également d’autres émotions fortes, recevables dans une salle de cinéma. Il sait définitivement s’y prendre pour faire plaisir !
Attendu avec une impatience qui frôlait la folie tant les années ont eu l‘impression d’être longues depuis Inglourious, son dernier film, ce Django est une telle réussite cinématographique qu’il se fera même apprécier par ceux n’ayant aucune attirance pour le Western ! Il arrive à procurer à ses scènes tellement de passion et d’envie de partager cette magie que seul le cinéma peut offrir… On a l’impression de recevoir en plein cœur sa tendre lettre d’amour, glorifiant toutes ses idoles cinématographiques, destinée à ce public qu’il aime tant, dont il est le premier enfant. Alors ressortir de cette merveilleuse folie, magistralement filmée sur pellicule, c’est avoir l’impression de vivre Noël avant l’heure, comme d’être invité à découvrir la nouvelle symphonie d’un génie ! Et c’est diablement enivrant !
Je pourrai vous parler longuement des acteurs qui sont tous excellents et parfaitement moulés dans leur personnage, des plans aussi, des paysages et j’en passe, mais le plaisir est avant tout de découvrir par vous-même cette pépite brute.
Bref, l’ivresse est au rendez-vous et les presque trois heures du tout ne se font qu’à peine sentir, lors d’une mini baisse de rythme, vers le milieu ! Peut-être pas le meilleur du réalisateur mais certainement le plus drôle et le plus maîtrisé à mon goût ! Vivement le prochain maintenant, ahahahah !

3 Responses to “Django Unchained, +16ans (2013) La classe à l’état pur !”


Christian
25 janvier 2013 Répondre

J’ai pris beaucoup de plaisir en voyant le film, mais suis néanmoins sorti un peu déçu. J’ai essayé de traduire cette déception à travers une critique que j’ai postée sur allocine que voici :

« I like the way you die boy! » Cette simple incartade assénée par un Jamie Foxx sans concession dans son costume de Little Joe version Black Panther, suffit à définir le substrat de Django Unchained et du cinéma de Tarantino en général, à savoir un déferlement de violence associé à une volonté de franche rigolade potache, un truc « Cool » qui claque et des punchlines à gogo. Bien entendu, réduire l’oeuvre du maître de la culture pop’ au prisme grossièrement taillé du divertissement décontracté, relève de la malhonnêteté intellectuelle, car Dieu sait que Tarantino a su, grâce à une maîtrise indéniable de sa caméra, redonné leurs lettres de noblesse à des bijoux oubliés, a révolutionné tout un pan du cinéma américain et s’est parfois permis de vraies réflexions sur le support cinématographe, son étendue culturelle, et son appartenance au domaine plus large de la fiction comme traduction fantasmée de la réalité.

Vous l’aurez compris et vous le saviez déjà, Quentin Tarantino n’est pas une tanche. Il peut se targuer d’avoir répandu derrière lui, une filmographie impressionnante empreinte d’une identité personnelle, qui, comme les cailloux du petit Poucet, lui permet de retrouver son chemin lorsqu’il est en panne d’inspiration.

La panne d’inspiration, c’est probablement l’incident qui s’est emparé de lui après Inglourious Basterds. La preuve, il semble avoir repris le même chemin, en suivant les mêmes petits cailloux. Fini le Chanbara et les hommages aux productions de la Shaw Brothers, terminé la remise aux goûts du jours du Inglorious Bastards de Castellari. Tarantino transpose son univers dans un genre encore jamais abordé jusqu’à présent : le Western. Pourtant, tout semble déjà vu.

Comme d’habitude, le réalisateur américain se charge d’imiter le Cinéma qu’il révère par coup de clins d’oeil, en témoigne l’apparition brève de Franco Nero, par salve de musiques piquées à Ennio Morricone, et par un zoom rapide sur les visages de temps à autre. A priori, rien de particulièrement brillant dans cette copie sans réflexion, d’autant plus que le film ne parvient jamais vraiment à retrouver cette ambiance des films de Leone, Castellari ou Corbucci, le suspense des duels aux colts, les regards figés par l’enjeu, la temporalité qui se distord, les paysages carnassiers… Peut-être n’était-ce pas son objectif, mais si tel était le cas, on se serait volontiers passé des tics visuels agaçant car totalement vain du Western Spaghetti.

Django se trouve donc dans un entre-deux. Il tutoie le western italien sans vraiment capter son essence, et minaude du côté du crépusculaire en oubliant son pessimisme torturé.
L’entre-deux est également le terme permettant d’illustrer une boursouflure de ce Django qui incarne la dérive progressive de son auteur vers un Cinéma de moins en moins subtil. Une dramaturgie amoureuse sur fond de vengeance ou une pantalonnade décomplexée un peu trash? A nouveau, le film semble hésité, vacillé d’un côté à l’autre sans pour autant trouver la rambarde à laquelle se tenir fermement; point d’appui pourtant essentiel au vu du caractère dissonant, antinomique et difficilement compatible des deux pôles intéressés. Depuis Inglourious, Tarantino essaie d’amuser la galerie avec ses personnages décalés à outrance, tout devient progressivement plus théâtral jusqu’à la profusion exagérée de la bouffonnerie. Entre Waltz, DiCaprio et Jackson débutent un concours de la mimique la plus grotesque, un festival de cris et beuglements, de rires saugrenus et de regards ébaubis, sous couvert de dialogues pas toujours aussi drôles qu’ils voudraient bien l’être. Rendons à César ce qui appartient à César, les trois acteurs sont excellents dans leur rôle respectif, mais la part « comique » disproportionnée annihile complètement la trame plus sérieuse, le côté démangeant et jouissif de la vengeance. A trop vouloir chercher la petite blague, la punchline « stylée », ou la scène culte, Tarantino finit par se parodier lui-même et se dégage de son film une vapeur artificielle étouffante.

A propos des dialogues et du scénario dans sa globalité, force est de noter que ce travail d’écriture n’aurait pas souffert d’un petit dégraissage. Trop de scènes inutiles servant à la transition qui s’étirent sans raison apparente (caméo de QT, les chiens et l’esclave) ? – un chapitrage comme il en a l’habitude aurait probablement aidé -, un fil conducteur rompu en deux partie, dont la première paraît un peu vaine, et finalement un nombre très limité de scènes mémorables comme il y en avait pourtant beaucoup dans ses précédents films.
Pour ma part, je ne retiendrais que la partie finale entre Waltz et Di Caprio, le superbe monologue de ce dernier sur l’anatomie du crâne, et la fusillade finale, le reste n’étant que fioritures.
Pour quelle raison sommes-nous moins sevré de dialogues croustillants sur Superman, le Bigmac, Pabst ou Madonna? Probablement parce que le contexte spacio-temporelle du film dévoile les limites de la créativité de Tarantino. Parler cheeseburger chez les cow-boys c’est moyen…Quant à la photographie d’habitude bandante de Robert Richardson, même elle paraît banale après True Grit des frères Coen.

Bon film quand même, mais dont j’attendais plus. »

Je me corrigerai après relecture, peut-être juste sur un point : le film n’hésite pas entre le ton humoristique et celui plus sérieux de la dramaturgie vengeresse. Au contraire, il fonce tête baissée pour les marier, mais n’y parvient que très peu à mon goût pour deux raison. La part comique est trop importante pour laisser vivre la partie vengeance (80% de blagues pour 20% de prise au sérieux), et je n’accroche guère à cet humour un peu trop too much et outrancier. Le petit sketch du KKK proche de ce qu’auraient pu faire les Monty Python m’a fait rire, mais je l’ai trouvé un peu hors-sujet.

Ma critique est sévère, mais j’ai apprécié le film malgré tout.

Bruno Oddo
25 janvier 2013 Répondre

Personnellement ce film m’a impressionné ! Tarantino est un maître dans son genre. Les personnages sont TOUS (sauf peut etre la jeune femme en compagnie de Caprio) interressant et on nous a pas foutu d’histoire et de scènes d’amour a 2 balles avec une femme ultra chiante (genre Thor et Nathalie Portman *meurt d’ennui rien qu’en y repensant*).

La bande son est INCROYABLE (comme d’habitude) et en parfaite synchro avec le film (on s’ est tous dit WTF quand la musique de rap est apparue mais 2 sec apres on s’ est tous dis « YEAAAAH STYLÉ » ).

C’est vrai que le film est un peu lent par moment et qu’il y a des scènes inutiles mais au final on est content de les avoirs vues parce qu’elles sont MONSTRE drôles (ou triste).

Bon pis ensuite le jeu d’acteur y a pas grand chose a dire a part « BRAVOOOOO » ensuite les plans sont magnifiques et bah……..la place de ciné en vaut la peine ahah

Bref ce film est excellent, on passe un pur moment de cinema et on attend plus qu’un nouveau Kill Bill (même si une suite n’est pas forcement utile et en esperant que le scenario soit bien fait et en accord avec les 2 précédents ahah).

MERCI et a bientôt 😉

Didier_Lausanne
25 janvier 2013 Répondre

Wouah merci à vous deux pour vos splendides critiques, ça fait moult plaisir de voir se déchainer les passions ! Vive le cinéma !

Il y aurait tant à écrire mais je dirai juste que je suis d’accord avec vos reflexions et sur la plupart des faiblesses que vous soulevez ^^
Le film est loin d’être parfait et on est à des années lumière d’une ambiance Sergio Leone, mais c’est une tout autre expérience, la Tarantino touch et c’est ce que j’étais venu voir. Je suis donc très satisfait par ce néanmoins énorme moment de cinéma que je me réjouis de redécouvrir en blu-ray, avec tous les bonus et commentaires : )))

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