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Céline
Écrit par
blogueur Littérature & Polar
11 octobre 2019 |  1 like   |  105 vues

Réflexions féministes

Quelques nuances de violet

Le violet est une couleur énigmatique. Elle est la dernière de l’arc-en-ciel, comme une porte ultime qui garde un seuil mystérieux. Elle est la couleur qui oriente et protège, qui symbolise l’intégrité, l’honnêteté et elle possède des propriétés apaisantes. Petit tour d’horizon de livres violets…

Tu es la sœur que je choisis

tu_es_la_soeur_que_je_choisis_couvertureDepuis le début de l’année, en préparation de la Grève des Femmes du 14 juin, Le Courrier publiait, une fois par mois, des écrivaines et illustratrices de Suisse romande qui s’emparent du sujet sous sous forme littéraire et artistique. Récits, poèmes, théâtre, elles livrent des textes où s’expriment des sensibilités différentes. Ces contributions ainsi que des inédits sont réunies dans le recueil Tu es la sœur que je choisis qui vient de paraître en coédition avec les Éditions d’en bas.
Ce recueil offre un panorama d’artistes féminines tout comme celui de différents regards posés sur la condition des femmes aujourd’hui. De textes légers et tendres, l’on passe à certaines gravités sans oublier des pointes d’humour bienvenues qui ajoute du baume au cœur.
Tu es la sœur que je choisis est un projet que je trouve particulièrement touchant, parce qu’il met en lumière des femmes, toutes différentes, toutes uniques et qu’il souligne que la lutte est toujours importante mais qu’elle est surtout inhérente à chacune d’entre nous.Ce sont les individus qui font les solidarités et ce recueil en est un exemple parfait. Mesdames, merci !
Préface de Sylviane Dupuis
textes et illustration de Albertine, Heike Fiedler, Marina Salzmann, Fanny Wobmann, Céline Cerny, Odile Cornuz, Claire Genoux, Aude Seigne, Mélanie Richoz, Chloé Falcy, Marie-Claire Gross, Annik Mahaim, Silvia Ricci Lempen, Ursula Gaillard, Marianne Enckell, Anne Brécart, Anne Bottani-Zuber, Antoinette Rychner, Anne Pitteloud, Carole Dubuis, Lolvé Tillmanns, Mélanie Chappuis, Sylvie Blondel, Mary Anna Barbey, Isabelle Sbrissa, Yvette Théraulaz, Rachel Zufferey, Marie-Christine Horn, Nadine Mabille, Amélie Plume, Laurence Verrey, Laurence Boissier, Sabine Dormond, Stag.

Sorcières La puissance invaincue des femmes

Sorcieres_cholletPour continuer sur le sujet je ne peux que vous conseiller le dernier Mona Chollet Sorcière La puissance invaincue des femmes. Mona Chollet est journaliste et ses livres ont l’intelligence de vous proposer des analyses sociétales pertinentes. Truffé de références, l’ouvrage dresse un bilan consternant sur la condition actuelle des femmes, tout en rappelant que la chasse aux Sorcières n’est pas terminée. De la vieille guérisseuse d’antan qu’on brûlait sans plus de procès que celui du poids d’un canard, Mona part du principe que nous sommes les sorcières d’aujourd’hui. Nous ? Les femmes, toutes les femmes. Aux travers de trois portraits, la femme indépendante, la femme sans enfant et la femme âgée, nous traversons les préjugés encore bien encrés et ne pouvons constater qu’une chose : le travail considérables de nos aïeules n’est pas terminé. Nos mères et nos grands-mères ont lutté farouchement pour nos droits les plus fondamentaux, c’est a nous, génération née de ces libertés de continuer et surtout de rester vigilantes quant à la garde de ces réussites. Si certaines analyses font froid dans le dos, elles permettent surtout de recentrer le débat. Parce que Mona Chollet n’offre pas un pamphlet féministe réservé aux dames combatives, non, elle livre une étude sociologique qui parlera a tous et toutes.
Je ne peux que vous conseiller de lire également Beauté fatale, autre étude de Mona Chollet qui parle de féminité et de cette tyrannie silencieuse qu’exerce la société sur la définition même d’être Femme. L’autrice n’épargne personne, pas même les femmes et nous remet en place, à juste titre sur ce qu’est le droit d’être soi. Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté» travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle. Un bijou de réalisme qu’il est bon de lire !

Des hommes justes

Et si, pour continuer ce voyage et terres féministes, nous donnions la parole à un homme ? Cela tombe bien, Ivan Jablonka, historien et écrivain vient tout juste de sortir un livre sur le sujet : Des hommes justes. Quel titre et quel projet ! Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d’égalité entre les sexes, qu’est-ce qu’un « mec bien » ?
Il est urgent aujourd’hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l’une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d’inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes. N’est-ce pas là une idée merveilleuse que de trouver à être juste ?
J’aime profondément cette phrase ; des hommes juste et juste des hommes. Parce que je crois intimement que l’homme est d’abord un être humain juste et juste un être humain. Avec ses qualités et défauts tout autant que la femme. Nous sommes égaux face aux merveilles et aux atrocités dont nous sommes capables. Là où les parcours et mécanismes divergent, c’est dans les discours sociétaux qu’on nous adresse. Ivan Jablonka propose d’inventer une nouvelle masculinité. Je ne suis pas d’accord avec lui sur la définition. Je crois qu’il faut plutôt repenser comment la masculinité est vécue. Peut-être que je pinaille sur la sémantique.
L’ouvrage propose une analyse ambitieuse qu’il est urgent de lire. Pour se débarrasser des injonctions sociétales, il faut comprendre ses mécanismes, les décortiquer et en faire autre chose. Jablonka pousse à la réflexion et c’est justement quand l’humain pense qu’il est capable des plus belles choses. Des hommes justes est un livre nécessaire, qui n’apporte pas de solution clef en main mais qui à l’avantage d’ouvrir la voie à une remise en question de tous et toutes. Merci !

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