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Céline
Écrit par
blogueur Littérature & Polar
02 sept. 2019 |  2 likes   |  24 vues

Qui a peur du grand méchant loup?

Même pas peur?

Quelques ouvrages pour vous donner des sueurs froides

La peur est un sentiment particulier mais nécessaire pour se construire. Elle apprend et prévient du danger, renforce l’autonomie. Quand on affronte ses peurs, on grandit et en s’y confrontant, on apprend non seulement à les formuler mais également à les apprivoiser. Avoir peur c’est se sentir vivant et paradoxalement, se sentir en sécurité. C’est dans l’enfance qu’on y joue et qu’on rencontre nos peurs les plus terribles et pourtant, toute la vie nous allons avancer avec ce sentiment. Comme en tout adulte se cache un enfant, on continue a aimer la Peur. Si les ouvrages jeunesses regorgent d’histoires effrayantes, la littérature des grands n’est pas en reste.
Tout le monde connaît Stephen King, auteur génialissime de romans d’horreur, ou encore HP Lovecraft, référence ultime et incontestable du genre. Il en est d’autre que j’aimerais vous faire découvrir.
Commençons par Joe Hill!

Joe Hill

Photo collider.com

Nosfera2

Au volant de sa Rolle-Royce immatriculée Nosfera2, Charles Manx enlève régulièrement des enfants. Grâce à cette voiture, Charles et ses innocentes victimes échappent à la réalité et parcourent les routes cachées qui mènent à un étonnant parc d’attractions appelé Christmasland, où l’on fête Noël tous les jours
Il suffit que Victoria monte sur son vélo et passe sur le vieux pont derrière chez elle pour ressortir là où elle le souhaite. Elle sait que personne ne la croira. Elle-même n’est pas vraiment sûre de comprendre ce qui lui arrive. Sur sa bicyclette, Vic McQueen retrouve tout ce qui est perdu, personnes disparues ou objets égarés.
Quand le face à face entre Manx et McQueen devient inévitable, deux mondes vont s’affronter, peuplés d’images sorties de nos cauchemars les plus obsédants.
Un récit prenant, palpitant et glaçant. Joe Hill a plusieurs talents mais son principal est d’insuffler une profondeur à tous ses personnages.
Vic est si complexe qu’on s’attache instinctivement à elle tout comme on la rejette. On grandit avec elle, ses peurs, ses détresses et ses incohérences deviennent nôtres. Charles Manx est un méchant terrible : malsain, sournois, menteur et malgré cela… attachant… Parce que la plume de Joe Hill nous rend empathiques, envers absolument tout ces personnages. S’il est plus facile de s’identifier à Lou, boule de gentillesse qui sera un des rares rayons de soleil dans la vie de Vic, je vous promets que Charles devient également un « ami » . En étant le plus horrible qui soit, il est persuadé de faire le bien.
C’est la première force de ce roman : les relations humaines, l’introspection, le libre arbitre et les conséquences qui résultent de nos actes. L’auteur manie tout cela à la perfection que s’en est déchirant.
La seconde force est que Joe Hill est un peintre. Tout prend vie au fil de la lecture. Les mots sont des images qui se collent à votre rétine. Si ce sentiment est appréciable quand il décrit la forêt ou les objets, il est bien plus dérangeant quand il s’agit de scènes angoissantes et horrifiques.
Mais n’avons nous pas attaqué ce livre en toute connaissance de cause ?
La troisième force de l’auteur c’est sa capacité à jouer avec l’imaginaire. Il s’amuse avec nos cauchemars et nos peurs primaires. Rien n’est réel, tout est vrai et de cela on ne sort pas indemne. Ni Vic, ni Charles, ni les enfants, ni vous. Tout évolue, tout à un prix.
Sommes nous capable de le régler ?
Sur le site au sourire jaune vous pouvez suivre la série adaptée du roman.
Et si vous ne trouvez aucune critique de ma part dans mon article sur les adaptations réussies, c’est parce que je n’en pense pas grand chose…
nosfera2

Cornes

Ignatius Perrish avait tout pour être heureux : une famille riche et heureuse, un avenir tout tracé. Mais il y a un an, sa fiancée, Merrin Williams, est retrouvée morte. Depuis, Ignatius sombre dans le désespoir, noie son chagrin dans l’alcool, accumule les aventures sans lendemain. Jusqu’au jour où des cornes lui poussent sur la tête. La surprise passée, il découvre que ces deux appendices lui donnent le pouvoir de faire avouer l’inavouable aux gens qu’il croise. Don macabre ou coup de pouce du diable ? L’assassin de Merrin n’a plus qu’à prier pour ne pas croiser son chemin !
Roman moins horrifique que Nosfera2, mais à la beauté venimeuse et empli de mélancolie poétique.
Cornes vous happe, vous bouleverse et vous émerveille. Parfois l’on rit, parfois l’on tremble, toujours on dévore.
On retrouve le génie de Hill pour installer des personnages consistants et une intrigue sinueuse. Cornes est un roman sombre qui dépeint avec force, l’amour fusionnel, la violence et la folie. L’auteur se permet d’ouvrir des portes, sur nos liens avec la vérité, avec les croyances et la notion de bien ou de mal. Il nous laisse pantelants devant ces dualités. C’est à vous de trouver les réponses, lui se contente d’écrire un roman puissant, foudroyant et enrichissant !
Alexandra Aja porte le roman à l’écran dans le film Horns avec Daniel Radcliffe. Je n’ai pas encore vu ce film, trop peur d’être déçue bien que je sois curieuse de découvrir Radcliff autrement qu’en jeune sorcier. Si vous l’avez vu, vous avez parfaitement le droit de m’influencer.
joehill_cornes

Plein Gaz

S’il y a encore d’autres ouvrages de Joe Hill à découvrir comme l’homme-feu, le costume du mort, Fantômes et la génialissime série de comics Locke & Key, je termine cet article par un livre écrit à quatre mains. Plein Gaz est une petite nouvelle rédigée par Joe Hill et son papa. Ce père n’étant personne d’autre que Stephen King. Ça pose le bonhomme non ?
Si je ne vous ai pas d’emblée dévoilé ce secret de famille, c’est parce que Joe Hill a gardé longtemps le silence pour pouvoir écrire en toute indépendance. Les critiques et prix littéraires qu’il a reçu sont les siens, vraiment, sans influence et mérités.
Dans plein Gaz, le duo familiale nous emmène dans une aventure aux relents d’huile de moteur et de gaz échappement. Une nouvelle qui fonce, droit devant sans jamais ralentir et nous rappelle que tout peut déraper. Hommage assumé au « Duel » de Richard Matheson, on part dans un Road Trip effréné sur une route désolée du Nevada. Un gang de motards est pris en chasse par un camion fou, bien décidé a les éliminer un à un. Il n’existe qu’une seule issue pour sauver sa peau : ne jamais ralentir… Un récit palpitant, sanglant et délicieusement déjanté.
Le père et le fils sont des narrateurs hors paire et cette collaboration une vraie réussite !
pleingaz

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