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Marie
Écrit par
Blogueuse Littérature & Polar
10 mars 2020 |  3 likes   |  277 vues

Pourquoi vous devez absolument lire « Et Toujours les Forêts »

Récit dystopique d’un monde qui continue de battre après sa Fin, Et Toujours Les Forêts nous immerge dans la lente agonie de l’Humanité restante et de ses espoirs perdus, pour une oeuvre magistrale et bouleversante qui vous marquera pour longtemps.

 

De quoi ça parle ?

Corentin est encore étudiant dans la Grande Ville lorsque « la Chose » advient. Par un hasard miraculeux – ou qui signe le début de sa descente aux enfers – il fait partie des rares à avoir survécu. La stupeur passée, il se met en marche pour regagner les Forêts, territoire sacré qu’il espère épargné, pour tenter de retrouver les siens. Sous la plume incisive et dépouillée de Sandrine Collette, à l’image des territoires brûlés que traversent ses personnages, nous assistons au combat de Corentin contre l’inéluctable. Après le passage de « la Chose », que reste-t’il pour les rares survivants ? Comment vivre encore ?

 

Un récit froid et cruel …

Et Toujours Les Forêts décrit le spectacle difficile d’hommes abandonnés, errant sans plus d’espoir dans un monde désolé qu’ils ne reconnaissent plus, hostile et dangereux, qui n’a désormais plus rien à leur offrir. C’est un récit de survie violent et tragique où l’on se bat contre les attentes sans cesse déçues et où l’on guette malgré tout les signes possibles d’un renouveau.

Dans cette aventure que l’on peut penser dénuée de sens, puisque l’horizon semble ne plus vouloir s’ouvrir, il y a cette solitude pesante à laquelle on ne peut plus échapper, ce manque des autres, le poids des souvenirs et la crainte terrible de finir par oublier ce qu’était la vie d’Avant. La catastrophe qui a eu lieu redéfinit les contours de l’existence et place désormais la notion de nécessité au centre de tout. Désormais, on agit par nécessité uniquement. Pour vivre encore un peu. Un peu plus loin, un peu plus. L’homme redevient sauvage, guidé par son instinct, et se retrouve poussé aux pires extrémités, contraint de commettre des actes parfois impensables mais qui pourtant, d’une certaine manière, prennent leur sens ici, dans ce monde nouveau.

 

… et un message écologique fort.

Dès le début, le roman semble vouloir nous avertir de la menace qui approche. On y voit la nature progressivement se dégrader, les saisons se bousculer et une chaleur insidieuse perdurer, mais personne pour s’en soucier véritablement. Quelque chose, en silence, se meurt. Le jour de la Fin du Monde, Corentin et ses amis sont enfermés quelque part sous terre dans un état de quasi-inconscience collective après une soirée trop arrosée, si bien qu’ils ne voient pas la Chose advenir et qu’ils n’en prennent conscience que trop tard. Tout un symbole à lire derrière leur aveuglement insouciant.

Dans le roman de Sandrine Collette, la nature est toujours présentée comme mystique, souveraine : les Forêts, en particulier, inondent le récit d’une aura protectrice que Corentin cherche à regagner pour trouver refuge. C’est aussi la nature qui, malgré la dévastation et l’abandon de l’Homme, va le sauver en se montrant plus puissante et résistante que la catastrophe. En portant en elle les espoirs des rares survivants, elle retrouve finalement sa juste place.

 

(Il y a encore tellement de choses que j’aurais à vous dire, tant de symboliques à décortiquer ! Mais … j’ai peur de trop en révéler sur ce roman, je préfère vous laisser le découvrir par vous-même !)

 

En bref

Au lendemain de la Fin du Monde, cette secousse indicible qui laisse derrière elle une terre désolée, que reste-t’il à sauver ? Plus encore que de survivre, peut-être s’agit-il, au fond, d’une quête qui débute pour reconquérir notre Humanité ou pour en définir une nouvelle …

 

« Et dans chaque journée de chaque année, il n’y aurait rien. Pas de but, pas d’attente, pas d’envie. Pas d’espoir. Assis devant le feu. Debout sous la pluie. Debout devant le feu. Assis sous la pluie. Comme un animal en cage, qui préférerait se laisser crever, sauf que. Il y avait l’instinct. La survie. La conservation. Et quoi qu’en dise Corentin, ce putain d’espoir qui ne voulait pas céder. » (Et Toujours les Forêts, p.168).

 

 

Marie.

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