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Anthony
Écrit par
blogueur Musique et Cinema
29 décembre 2019 |  3 likes   |  252 vues

Pluie sur Los Angeles

James, 4 ans, c’est long !

Si vous êtes amateur de polar, la nouvelle n’a pas dû vous échapper.

Il y a un mois, le nouveau livre de James Ellroy sortait dans les rayonnages.

Pourquoi attendre 6 semaines avant d’en parler ? Avez-vous déjà lu un roman du Dog ?  La digestion est toujours longue et complexe.

Le second Quatuor de Los Angeles

En 2015, l’auteur Américain nous proposait de reprendre là où il nous avait laissé : en 1991 avec White Jazz.

Le but avoué d’Ellroy est le suivant, et ce sont ces propres mots :

« J’ai écrit six romans à mes débuts, et la muse du roman historique m’a eu. J’étais obsédé par l’après-guerre, jusqu’à la présidence de Kennedy. Et j’y ai vu une opportunité pour écrire ces onze romans qui emmèneront les lecteurs de 1941 à 1972. L’année de la mort de Edgard Hoover, le patron du FBI, marque la fin d’une histoire américaine qui me passionne »

Le premier Quatuor est terminé (Le Dahlia Noir, le Grand Nulle Part, L.A Confidential, White Jazz), et la trilogie USA de même (American Tabloid, American Death Trip, Underworld USA).

Perfidia, la cinquième colonne ciblé

Le premier volume historique du Los Angeles de l’American Dog, met en scène la cité des anges en proie au racisme anti Japonais juste avant l’attaque de Pearl Harbor qui laissera l’Amérique meurtrie.

Les personnages de Dudley Smith, Hideo Ashida, Kay Lake, William Parker, présents pour certains depuis longtemps dans les histoires d’Ellroy, se débattent dans une atmosphère de phobie constante.

La cinquième colonne est présente partout, la guerre fait rage. Un meurtre sanglant, 4 personnes, un nom de famille, les Watanabe. Qui sont les coupables ? ou qui doivent l’être ?

La tempête qui vient

Introduire Perfidia est une évidence si l’on veux parler du dernier opus de James.

La tempête qui vient reprend une partie des personnages présents dans le volume précédent. Avoir lu Perfidia est indispensable pour pouvoir vous plonger dans ce mastodonte de 700 pages.

La Californie, Los Angeles et la Basse Cal’ Mexicaine sont à l’honneur. Le temps n’est pas Hollywoodien, la pluie tombe comme des cordes, les esprits sont échauffés, l’attaque perpétrée par le général Hideki Tōjō est au centre de toutes les discussions.

Le LAPD n’est pas en reste, un corps apparaît de sous la terre et emmène dans son sillage une réaction en chaîne pour une vingtaine de personnes.

La réalité et la fiction se mêlent perpétuellement dans ce roman, certains personnages sont réels, d’autres inventés. On pourrait parler de l’aversion de l’auteur pour Orson Wells, mais ceci est une autre histoire largement dispensée dans les interviews post-sortie.

Une histoire Californienne

Comme souvent dans les romans d’Ellroy, le langage est cru, les personnages ont besoin de stimulants de tout type, il y a peu de morale, la guerre engendre un nouveau genre de profiteur.

Difficile de commencer son initiation à l’auteur avec ce nouveau Quatuor. On ressort lessivé de ce second volume. Les derniers chapitres permettent quand même d’avoir une « bigger picture » et le tout est un témoignage historique d’une époque pourtant tellement documentée.

Vous reprendrez bien un peu de benzédrine en assistant à un live de Count Basie et son big band ?

Nous, on attend encore quelques années pour avoir la suite, la jointure qui nous mèneras à American Tabloid et qui clôturera un panorama de l’Amérique comme nous n’en aurons jamais lu.

Nous nous replongerons bientôt dans la carrière du Dog qui ne se limite pas à ces quelques titres. L’histoire personnelle de James Ellroy est tout autant fascinante que sa créativité.

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