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Mathieu
Écrit par
blogueur Littérature & Polar
25 janvier 2018 |  2 likes   |  13 vues

Un jardin bien à ras

Chef-d’œuvre de l’auteur, jamais traduit jusqu’à aujourd’hui, c’est en ce début d’année 2018 que la maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture nous propose ce pavé littéraire dans la marre aux livres.

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Un-jardin-de-sable

Ecrit en 1970, véritable scandale à sa sortie et devenu culte depuis pour de nombreux auteurs, dont Donald Ray Pollock, qui préface ici l’ouvrage.
Un jardin de sable est le grand roman des laissés pour compte, un texte qui suinte la sueur, le sang, le sexe et surtout les regrets.

L’histoire s’ouvre dans la fin des années trente, à l’aube de la grande dépression. La famille que nous suivons, au Kansas, est des plus démunie, mais ne perdra jamais espoir de se refaire un jour.
Il y a Mac, le grand-père anti-Roosevelt et prolétaire jusqu’à l’os, Wilma, sa fille idéaliste qui se verra recadrer lourdement par la vie et surtout Jack le petit fils.
Héro hédoniste et intenable à souhait, Jack est appâté par tout ce que la vie peut lui offrir, mais qu’il ne peut se payer.
Ballotté de logements en aides sociales, il n’aura de cesse de chercher à s’échapper de son morne quotidien tout en cherchant l’amour de sa mère et du monde en général.



Des bêtises de jeunesse aux choix moraux cruciaux de l’adolescence, on rit et frémit tour à tour tout au long de ce roman fleuve de quelques 830 pages, tout de même.
Pourtant, nulles longueurs ou temps morts. La prose est travaillée, mais jamais lourde, vive sans pour autant survoler les problèmes et les réalités de l’époque, poétique sans être inaccessible.
Comme si Bukowski avait élevé l’enfant de Fante en lui lisant Steinbeck chaque soir.
C’est un roman qui va au bout des choses, de ses idées, de ses idéaux et de son propos, vous ne verrez pas cela souvent.

Extrait : Pris entre le marteau de la pauvreté comme échec moral personnel et l’enclume de ce miroir aux alouettes qu’était la récompense matérielle d’une citoyenneté à laquelle ils ne pouvaient jamais prétendre, ils étaient des réprouvés partout où ils jetaient l’ancre. Toute leur histoire était un kaléidoscope insensé de faits, de fantasmes sur grand écran, de mensonges de protection instinctifs et de vérités un peu arrangées pour entrer dans le moule d’un rêve américain modeste et présentable.

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