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Mathieu
Écrit par
blogueur
06 juillet 2018 |  0 like   |  13 vues

Sélection d’été 2 : Histoire de petite fille

Radicalement différent du premier titre de cette sélection, penchons-nous sur ce roman tout récemment sorti en poche, mais pas moins sulfureux que le précédent :

Nouvellement arrivé dans le paysage littéraire français, Sacha Sperling, 28 ans, fils d’Alexandre Arcady et demi-frère du réalisateur Alexandre Aja, avait marqué les esprits en 2009 avec Mes illusions donnent sur la cour.

L’histoire, rappelant fortement le roman Moins que zéro de Bret Easton Ellis tant par sa forme que par son fond, nous faisait suivre la déchéance de cette nouvelle jeunesse dorée des beaux quartiers parisiens, à travers les yeux d’un jeune homme perdu dans l’adolescence et ne sachant que choisir entre son meilleur ami et les filles de passage alimenté de l’alcool facile et de l’herbe douteuse.

Car, comme il le dit lui-même : Il faut être comme personne si l’on veut être quelqu’un.

Véritable bombe de la rentrée de cette année-là, projetant Sacha Sperling sur tous les tabloïds, le roman est traduit en plusieurs langues et crée une attente particulièrement pernicieuse pour le suivant.

Renouvellera-t-il l’exploit ?

Son second roman, Les cœurs en skaï mauve, sort deux ans plus tard et est un échec public comme critique.
Lassé de ce milieu qui l’étouffe, Sacha s’exile en Californie et revient en 2013 avec une suite à son premier succès : J’ai perdu tout ce que j’aimais.

Là également, c’est une quasi copie de la suite de Moins que Zéro, Suite impériale.

Le narrateur retrouve ses anciens amis d’école dans une ville qu’il ne reconnaît plus et est victime d’un complot dans le milieu de la prostitution. Repartant sur de meilleures bases et ayant bouclé la boucle de son premier cycle, il nous revient en 2016 chez Seuil et cet été en poche avec son quatrième roman : Histoire de petite fille.

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Sacha Sperling, Histoire de petite fille

Mona vit dans la banlieue de San Diego. Pauvre petite Latina au corps envoûtant, elle survit dans la précarité avec sa mère et ne laisse personne indifférent. Mona attire les regards, déchaine les passions, attise les jalousies, Mona est spéciale. Mona a un truc en plus. Mona a un plan.

S’enfuyant de chez elle un jour, changeant d’identité, elle ira jusqu’à Los Angeles et intègrera une grande maison de production de films pornographiques.

Là encore, elle suscite l’intérêt, tout le microcosme s’enflamme pour cette nouvelle venue qui ne veut pas parler d’elle mais fait réagir la clientèle comme jamais.
Est-ce parce que Mona n’a que quinze ans ?

Roman choc comme il nous avait habitué à ses débuts, Sacha Sperling ne fait pas dans la dentelle en terme de narration, mais a l’intelligence de couper les passages les plus sulfureux juste avant qu’ils ne débordent. Ne serait-ce que pour cela, le texte est brillant. C’est une montée et une descente, c’est incongru et malvenu, c’est critiquable et c’est justifiable, c’est un texte qui divise et c’est précisément ce qu’est censé faire la littérature actuellement, trop souvent endormie chez nos voisins francophones.

Extrait : C’est pour ça que Holly fait mentir toutes les statistiques. Elle n’entre dans aucune niche. Elle n’a aucune marque de fabrique, elle n’a pas cherché à en avoir. Pas de tatouage, pas de seins extravagants, pas de spécialité. Elle a même retiré ses piercings avant de commencer. Au fond, c’est sans doute ça le secret. Une fille vide à l’ère du vide. Une fille qui n’a plus l’air de rien vouloir.

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