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Mathieu
Écrit par
blogueur
29 mai 2018 |  0 like   |  11 vues

Qu’est-ce qu’elle a ma Casse-Gueule ?

Dans l’article précédent, je parlais d’une jeune auteure, Clarisse Gorokhoff, et de son surprenant premier roman qui m’avait fait un effet de fraîcheur rarement vu dans la littérature française.

Ici, nous aborderons le roman de l’après, le plus compliqué, celui qui doit asseoir un style, des marques, renouveler l’exploit tout en s’émancipant de son aîné, le deuxième roman :

Casse-Gueule


Nyx

Ava, une jeune femme de bonne famille habitant Paris, est sauvagement agressée un soir en rentrant chez elle.
Le roman s’ouvre sur son examen par le médecin qui l’ausculte.
Enflé, difforme, ravagé, aplati, les caractéristiques ne manquent pas pour décrire ce qu’il reste de son visage, de sa gueule.

Tout le monde est horrifié et souhaite par-dessus tout la remettre en état.
Mais pas Ava.
Elle, s’aime plus ainsi. Face ravagée parmi la foule de visages lisses, elle se sent enfin revivre, enfin différente.
Elle se sent enfin vivre.

Sa mère, horrifiée de son apparence, cherche un moyen de lui faire avoir à nouveau un visage convenable pour continuer à l’exposer à son entourage.
Son petit ami essaie de ne pas perdre trop de son entourage people en traînant Ava avec lui en soirée.
Son médecin veut tester des remodelages faciaux révolutionnaires.
Tout le monde a son avis, mais personne ne demande celui de la principale intéressée.

Et Ava a la tête dure.

D’une forme narrative plus poussée que le premier, ce second roman pose les réelles fondations d’un style et d’une voix. Clarisse Gorokhoff incarne officiellement une des plumes sur lesquelles il faudra compter à partir d’aujourd’hui. si son premier livre aurait pu être un énième coup de chance littéraire comme on en voit de plus en plus, force est de constater que Casse-Gueule affirme une véritable volonté de bouleverser les codes et de ne pas se laisser faire dans les rayons et les tables surchargés d’écrivains interchangeables.
La patte est là, la forme et le fond sont travaillés, les sujets originaux.

C’est le genre de livre que l’on aimerait voir plus souvent sur les plages cet été, remplaçant les multiples suites et dérivés insipides alourdissant les sacs de voyages de nos contemporains.

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