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Mathieu
Écrit par
blogueur Littérature & Polar
27 avril 2018 |  0 like   |  18 vues

Edward St Aubyn, ou les bassesses de la haute société

Il est de ces auteurs qui nous étaient jusqu’alors totalement inconnus et qui se voient gagner en notoriété à nos yeux lors de l’adaptation d’une de leur oeuvre.
C’est typiquement le cas pour Edward St Aubyn pour ma part.

Né en Cornouailles le 14 janvier 1960, Edward St Aubyn fait partie de la noblesse anglaise.
Loin des clichés des lords aux manières chiadées et aux tea party exubérantes, il grandit entre la France et l’Angleterre où il est régulièrement abusé par son père sadique sous les yeux de sa mère qu’elle préfère garder fermés.
Etudiant à l’école de Westminster -temps durant lequel il boira et sera accro à l’héroïne -il suivra finalement une psychothérapie et deviendra subitement écrivain.

Et un sacré bon écrivain, qui plus est.

Ian-Parker-on-Edward-St-Aubyn

La majeur partie de son oeuvre actuelle est basée sur l’histoire tragique de Patrick Melrose, double auto-fictif de l’auteur.
Comme lui issu de l’aristocratie anglaise et maltraité par son père, il cherchera un but à sa vie à travers toutes les déviances et autodestructions possibles.
Cocaïne, héroïne, amphétamines, alcool, fuite et surtout sarcasmes, tout y passe. Car comme le dit St Aubyn lui-même : L’ironie est la plus forte de toutes les addictions. Oubliez l’héroïne. Essayez juste d’abandonner l’ironie, le profond besoin de dire deux choses à la fois, d’être à deux endroits en même temps, ne pas être présent pour l’annonce d’une explication arrêtée.

La série de livres se découpe en une première trilogie (désormais uniquement trouvable réunie en un volume) suivie de deux suites aux déboires du héro.

Un-peu-d-espoir-la-trilogie-Patrick-Melrose
Le-gout-de-la-mere
Enfin

Bien que l’écriture assez soutenue et le sujet traité puisse ne pas paraître folichon au premier abord, Edward St Aubyn est capable d’une telle maîtrise de la phrase et surtout d’une telle ironie sur sa condition et son milieu qu’il considère comme mourant en vase clos, qu’il peut facilement nous entraîner dans un dîner diplomatique à Londres ou dans une virée chez les dealers de New-York avec le même sens du rythme et de l’humour cynique :
Il semblerait que la plupart des gens passent la majeur partie de leur vie à penser qu’ils vont mourir, avec la seule consolation, qu’un jour, ils auront raison.


Début mai, sortira une mini-série en cinq épisodes adaptée de la série de romans sur Patrick Melrose avec Benedict Cumberbatch.

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