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Écrit par
blogueur
25 octobre 2010 |  0 like   |  30 vues

Une semaine, un disque: Cocoon, « Where the oceans end »

Clermont-Ferrand, ce n’est pas simplement Volvic, Michelin, du fromage et une équipe dignement championne de France de rugby. C’est aussi un vivier musical, une ville qui bouge façon rock’n’roll et un berceau de jeunes talents. Depuis 2-3 ans, quelques petites perles ravivent le magma endormi des volcans d’Auvergne. On en tremble, on en frissonne, on se délecte de ces novices qui grandissent vite, fiers et à toute épreuve, portés par une force créatrice qui,  déjà, en -52 (en accord avec la température hivernale locale), repoussait  l’arrogance romaine venue défier Vercingétorix. On peut citer quelques exemples de la réussite de cette scène quasi-indépendante: Delano Orchestra, The Elderberries, Kaolin, Mustang… et Cocoon.

Propulsé sur le devant de la scène avec son premier album en 2008 « My friends all died in a plane crash », le duo clermontois arrive déjà au cap toujours très sélectif et parfois fatal du deuxième disque. Défi d’autant plus difficile avec la surmédiatisation de leur tube planétaire « On my way », trimballé des emissions de TV en tout genre jusqu’aux pubs pour les yaourts, sorte de succès à double tranchant qui ombrageait un peu le reste de ce disque initial très réussi. Enchainant les tournées un peu partout comme de vrais pros, Cocoon s’est fait un nom et a rassuré son monde dans une catégorie « folk français grand public » un peu pauvrette.

Le groupe né au pied des volcans se découvre un pied marin sur ce « Where the oceans end », puisqu’on y traite essentiellement du monde du silence sous toutes ses formes (« Sushi », « Dolphins », « Baby Seals », « In my Boat »). Les deux timbres et la diction parfaite de Mark Daumail et de Morgane Imbeaud se marient impeccablement bien, ont pris de l’assurance, s’altèrenent tantôt en voix de tête pour elle (« Dee doo »), ou alors en voile mélancolique pour lui (« Mother »). « Comets », single « countrysant » impeccable (au clip fantastico-perché sur le dos d’une baleine jaune) et courtisan d’un souffle nouveau dans la musique hexagonale, paré aux utilisations mutliples tant il est capable de toucher le plus grand nombre, nous fait dériver d’un océan à un autre (« When my boat is drifting away… »). A la production posée et réfléchie s’ajoute la contribution de Dickon Hinchliffe (ex-Tindersticks) qui apporte aux arrangements une dimension mature essentielle. Cocoon grandit, s’ouvre les portes d’une réussite méritée, et élargit la palette stagnante de la musique made in France. En prime, « Where  the oceans end » s’accompagne d’un single 2 titres limité qui prolonge ce voyage intime dans le songwriting ». Un album à marquer d’une pierre volcanique. Chauvin moi? Certainement mon capitaine…

Extraits à écouter ici: Cocoon, \ »Comets\ »

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