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Écrit par
blogueur
30 octobre 2010 |  0 like   |  22 vues

Une semaine, un disque: Bryan Ferry, « Olympia »

On connaît Bryan Ferry pour son sens de l’esthétique en tout point de vue. Un nouvel album de Roxy Music? Un nouvel album solo? Longtemps (7 ans), la question a taraudé le cerveau de notre ami chic, et la décision tomba comme un fruit mur. Accompagné de quelques anciens compagnons de route de la glorieuse époque des Roxy (Phil Manzanera, Brian Eno et Olivier Thompson), Ferry décida de composer un album pop classe, rond et moins abstrait qu’une production de feu-Roxy Music.

Mais, comme pour mieux marquer un retour aux glorieuses 70’s, Ferry choisi Rhett Davies pour produire ce disque, lui qui, par le passé, accompagna Brian Eno et les Talking Heads en studio (tiens, tiens). Ce Brian Eno qui semble très présent sur les claviers du strip-tease musical « Me oh my » ou sur le refrain atmosphérique de « Heartache by numbers ». Olympia, c’est autant de tubes qui auraient fait mouche dans les années 80, dernière décennie productive et influente des Roxy, puisque leur dernier album « Avalon »  aux refrains intemporels date déjà de 82. Ferry s’amuse des époques et vieillit à la perfection en compagnie d’invités prestigieux qui trempent leurs pinceaux là où on les attendait, avec Gilmour (ex-Pink Floyd) sur « Me oh my », Flea (ex-Red Hot) sur « You can dance » et « Heartache by numbers » et Johnny Grenwood (ex-Radiohead). Avec « Dylanesque » en 2007, disque de reprises très réussies où l’artiste emmenait la galaxie de Dylan dans un autre univers, on redécouvrait le talent de réinterprétation, perpétué avec classe et paillettes dans ce Olympia par « Song to the Siren » (Tim Buckley) et l’envoutant  « No face, No Name, No Number » du groupe Traffic. Groove Armada, bien meilleur en collaboration que sur ses propres disques, crucifie la pop moderne avec « Shameless » et Ferry donne une bonne leçon rythmique, vocale, à la puissance tubesque acquise il y a des lustres.

On comprend mieux pourquoi des artistes comme Bowie parlent de Ferry en termes élogieux car, à 65 berges et toutes dents (blanches) dehors, l’ex-Roxy signe un album romantique, audacieux, en parfaite bande-son d’une soirée modaine sur les toits chics de New York. Comble de la classe, après avoir utilisé Amanda Lear comme égérie dans les années 70, qui depuis quelques années s’est vu imputée des attributs entrejambiers quelques peu déroutants, Ferry a choisi l’icône brindille de la mode, la sexy-trash attitude par excellence, pour orner de désir sa pochette: la sublime Kate Moss. Suffisait de demander. Comment retranscrire l’amour de la vie en musique? La réponse est dans Olympia, du bout des lèvres pourpres et pulpeuses…

Extraits à écouter ici: Bryan Ferry, \ »Shameless\ »Bryan Ferry, \ »Me oh my\ »

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