Retour home
Avatar
Écrit par
blogueur
05 décembre 2012 |  0 like   |  89 vues

Une semaine, un disque: Black Country Communion, « Afterglow »

Le CV de Glenn Hughes n’est pas ce qu’il y a de plus bandant dans l’histoire du Rock. Mais sa voix, à elle seule, suffirait à faire ériger grues et autres monticules à poils durs. Il y eut Trapeze et Deep Purple, il y a longtemps. Puis une amitié avec Tony Iommi. Puis une relation conflictuelle avec la dope: deux infarctus. Musicien et chanteur sous-estimé par le temps qui passe, il avoue lui-même que Black Country Communion, c’est son bébé. La science évolue plus vite que le Rock, mais la paternité à presque 60 ans reste possible, dans les deux cas de figure. Réunissez ainsi Jason Bonham (descendant rythmique de Led Zeppelin), le guitariste à l’agenda chargé Joe Bonamassa et le claviériste Derek Sherinian (ex-Dreamtheater), vous obtenez alors un « supergroupe », terme employé pour qualifier le rassemblement de musiciens au cursus chargé et à l’envie de s’amuser enregistrés. Mais le plus gros problème de ce genre de formation, c’est de pouvoir se réunir, auquel cas l’ambiance en pâti rapidement et l’affaire est pliée en moins d’deux. On pourrait penser que Black Country Communion souffre du syndrome des supergroupes: trois albums en trois ans, il faut s’magner! Limite pourrait-on imaginer que Glenn Hughes n’a que ça à foutre? C’est pas tout faux.

Bien sur en 2012, il est difficile de se faire une place sérieuse au (bientôt plus que) cimetière des éléphants du Rock, que niveau finances, on se doute que Hughes navigue plus dans le violet profond que le rouge expédient – « J’ai vendu des millions d’albums avec Deep Purple » – mais on comprend vite qu’au fil  d' »Afterglow« , la tradition des grands groupes ne sera pas usurpée, mais juste empruntée. Le sexa Hughes génère une fraîcheur heavy qui répond ostensiblement aux envies de hard de tous bords. Si le bassiste-chanteur a eu fort à faire en studio, il force et concilie sa voix et son groove comme jamais – ou rarement depuis les 70’s – et nous surprend en qualité de songwriter hurleur sur le puissant « Big Train » ou le vagissant « Circle« , se servant de « Confessor » pour excommunier tous nos péchés à coup d’talons, cherchant limite à placer « Midnight sun » au générique des « Experts » (tellement la filiation Who est évidente), jusqu’à ce qu’il nous finisse avec des mâchoires de tigre sur « Dandelion« . Après un départ à plein régime, l’album a tendance à lasser un peu vite mais au rythme d’une production par année, Black Country Communion a sûrement trouvé la parade optimale à son plus gros défaut musical. D’ici là, comme une dernière lueur de connaisseur et toute provocation mise à part, on ne peut s’empêcher de penser que c’est à ça qu’aurait du ressembler le dernier Soundgarden. A un vrai disque de hard.

Gyslain Lancement

Leave a Comment