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Miguel
Écrit par
blogueur
31 mai 2011 |  0 like   |  22 vues

« SOUND OF NOISE » (2010). Suède. De Ola Simonsson et Johannes Stjärne Nilsson

A l’instar des précurseurs  Einstürzende Neubauten, puisant dans des éléments trouvés sur des chantiers  comme artéfacts musicaux, ou même des autrichiens du Vegetable Orchestra, qui eux utilisent des légumes pour confectionner leurs instruments, le sextet du film va se servir de la ville pour interpréter la partition de « Music for One City and Six Drummers »

Dans la première partie du film, le duo des instigateurs du projet (Magnus  et Sanna)  recrutent les autres musiciens, ce qui permet de bien saisir le caractère et la personnalité de chacun d’eux.

Il y a Johannes, le musicien de « balloche », Myran, le percussioniste classique, Marcus, le fou de batterie électronique (et électrique!) et enfin, Anders, le batteur psychopathe (à la Keith Moon).

Fait notable, ces six personnages portent leur vrai nom dans cette fiction.

Ensuite, le film est décomposé en chacune des pièces de la partition  « Music for one city and six drummers »  dont je ne résiste pas à vous donner le détail et les intitulés:

 

 

DOCTOR, DOCTOR, GIMME GAS(IN MY ASS).

Dans une salle d’opération, le malade souffrant d’hémorroïdes.

MONEY 4U HONEY.

Dans une banque:

« Ceci est un concert, personne ne sera blessé, vous êtes notre public » En lieu et place de ceci et un casse, les mains en l’air ».

FUCK THE MUSIC. KILL! KILL!

Avec des bulldozers devant une salle de concert pour saboter une prestation classique.

ELECTRIC LOVE

sur des lignes électriques à haute tension.

En parallèle, Amadeus (Bengt Nilsson), un policier allergique à la musique (son  frère est un illustre chef d’orchestre) va mener l’enquête pour essayer de coincer ces activistes troublant l’ordre public, avec pour seul indice un métronome.

Le film joue sur le contraste entre ces musiciens passionnés, subversifs et déterminés et ce flic qui aspire au silence, contraint de faire face à ses démons à cause de cette étrange enquête.

On aurait pu craindre que cet usage systématique de la musique puisse devenir répétitif et ennuyeux (pour les non-musiciens), mais il n’en est rien car la trame de l’enquête et les rapports qui se tissent entre les personnages rendent le tout très riche et captivant.

Une fois encore, le cinéma « nordique », qu’il soit suédois, norvégien ou danois,  démontre sa vitalité et sa grande originalité avec une bonne dose d’humour.

En bonus vous trouverez les court-métrages à l’origine du film: « Music for one  Apartment and six drummers » et « Music for one X-mas and six drummers« .

 

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