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Écrit par
blogueur
30 avril 2012 |  0 like   |  24 vues

Rebels of Tijuana: interview

Pour un journaliste, rencontrer des « rebelles » a tout du fantasme professionnel. Alors quand ceux-ci proposent un Rock yéyé qui évite le piège du minet et vous citent les Byrds en exemple, la branche se brise et on se retrouve sur le cul, bouche-bé, c’est l’heure de la becquée. De passage à Fribourg, par hasard ou par enchantement, les Rebels of Tijuana sont plus que jamais sur la route des grands disques, le tout dans une indifférence indé qui fait tout leur charme. Interview à tout casser.

Amis Rebels, pourquoi sur cent noms de groupes, c’est le votre que l’on retient? Et pourquoi Tijuana? Oui, le nom et l’emballage sont importants…

Quand on a monté le groupe, on était fasciné, et on l’est toujours, par les groupes de rock californiens de la fin sixties comme Buffalo Springfield, Poco, Santana, Grateful Dead ou the Flying Burrito Brothers, et on voulait un nom dans le genre, un peu à rallonge. L’idée de la ville également à l’autre bout du monde ou l’on n’a jamais été, c’était drôle, et puis à l’heure d’internet, il fallait un nom unique si on voulait exister sur la toile.

Finissons-en avec les présentations, expliquez-nous le titre de votre nouvel album: « La bourgeoise ». La femme bourgeoise est en général une proie difficile. Vous chantez l’amour façon sixties, dans un vrai disque à l’ancienne…

Oui c’est vrai, les filles sont un thème qui revient souvent chez nous, parce que le rock que l’on joue vient des sixties, époque où l’insouciance est reine, avec des fantasmes en tout genre, des belles bagnoles aux mini-jupes. Le rock des sixties est démoniaque pour ça. « La Bourgeoise » est un peu plus critique, et ça vient pas mal des filles que l’on croise dans les rues de Genève souvent superficielles et davantage interessées par Lady Gaga et les sacs Vuitton que par Keith Richards (rires déconcerté). Bref, on a trouvé que ça sonnait bien et puis on est tombé sur cette photo prise par le photographe Fred Csupor (egographie.com), et les choses se sont faites naturellement.

Dans cette pléthore vintage, dans cette veine exploitable, vous Rebels, rendez le choix plus facile. Quels disques ont tourné sur vos platines pour déclencher cette envie yéyé? Surtout qu’en plus de références yéyé, on ressent un esprit « animal on est mal » de Gérard Manset (1968)!

Les compiles Wizz du label français Born Bad ont déclanché beaucoup de choses, on ne pouvait plus s’en passer sur la route en tournée. Personnellement le deuxième Jacques Dutronc (1967), la B.O. Cannabis de Gainsbourg (1970),  l’album Ronnie Bird (1965) ou Métronomie de Nino Ferrer (1971) sont des disques géniaux ou le français se mêle super bien à du rock anglo-saxon. Mais la palme d’or revient à mon sens à Eddy Mitchell, ses albums de la fin sixties sont terribles. Mention particulière  à « de Londres à Memphis » (1967), un grand moment de rythm n’blues gaulois.

Quand même, inviter ce mélange Gainsbourg-Hallyday-Ferrer-Mitchell (et j’en passe) autour d’une même table de mixage, fallait le faire, chapeau! On dit que l’audace est le luxe des esprits forts…

Peut être, mais disons qu’on a pas trop réfléchit à tout ça, on a commencé par l’anglais et on a basculé tranquillement vers le français, et même si on adore les disques évoqués ci-dessus, notre culture est anglo-saxonne. Le français, ça a été dans un premier temps pour rigoler, et puis on savait surtout ce qu’on aimait pas dans le rock francophone avant de savoir ce qu’on aimait vraiment. Et au résultat, on n’aime pas grand chose dans ce rock français, sans devenir francophobe (rires)! Notre challenge, c’est de pouvoir mettre du français sur du rock à l’anglo-saxonne en poussant l’héritage yéyé un peu plus loin, comme on l’a fait avec le morceau « Gigolo », qui mixe par exemple des éléments country et psyché à la Byrds, à du texte en français.

En plus, entre-temps, on a droit à quelques interludes gouailleuses de Gabin, alors niveau légitimité: Rebels of Tijuana 1 Reste du monde 0…

Oui, et encore une fois on mêle ça au bruit de moto de Easy Rider! Le plus important c’est de bien doser tout ça. On ne veut pas sonner plus sixties que les sixties, et plus français que « Le Téléphon »; et même si ça semble fou, on est dans un élan très moderniste. Du coup, Gabin et les Byrds c’est un bon mélange.

Vous êtes trop vieux, et heureusement, pour être assimilé à cette horreur de mouvement « baby-rocker », et vous confirmez une thèse vieille comme le Rock’n’roll: les majors font des mauvais choix. En tant que Rebels, rassurez-moi, indé un jour, indé toujours?

On ne se pose pas trop de questions par rapport à ça. L’industrie de la musique change à vitesse grand V. On a tous eu des expériences de groupes avant, à différents niveaux. Et aujourd’hui, on fait ça un peu à notre sauce, ce qui ne nous empêche pas d’être entouré et d’apprendre à faire confiance également. Pour l’instant on travaille tous à côté , en essayant toujours de sortir un disque par an. On s’entend tous très bien et on va tout faire pour préserver ça, c’est le plus important.

Vous savez, certains groupes demandent à leurs fans de ne pas pogoter, mais vous, dans vos concerts, si ça twist à mort, faudra pas vous plaindre…

Oh vous savez, c’est toujours assez gentil, ça twist à la cool, un peu de bière qui éclabousse mais rien de bien méchant. Il y a peu de temps, on a joué dans un centre étudiant et là, ça a pogoté sévère, mais plus parce les gens avaient trop picolés je pense. Il y avait un skinhead qui était à fond et qui est devenu une véritabe tornade quand on a joué « Are you ready for the country » de Neil Young, cherchez l’erreur (rires)! Pas sûr pourtant qu’il écoute Harvest le matin au réveil! Bref il n’y a pas trop de règles, et nous qui sommes avant tout un groupe de bar, on ne dira jamais au gens de ne pas fumer, de ne pas pogoter ou ce genre de connerie…

Hallyday chantait, il y a plus de 40 ans, « le jour de ma naissance un scarabée est mort, et je le porte autour de mon cou ». Vous portez quoi, vous, autour du cou? Parce qu’on ne voit que vos pieds sur l’album…

On n’est pas trop fétichiste. Des boots, des belles sappes et des belles grates surtout, c’est très improtant. C’est notre côté un peu « mods ». Seul le détail compte comme dirait un webzine français un peu gonzo.

Vous parlez de Stax comme d’un temps que l’on ne touchera hélas plus que dans nos rêves lointains, mais consolez-nous, il paraît que les Rebels of Tijuana percent au pays de l’oncle Sam?

Non, disons qu’on a eu un de nos morceaux dans un générique d’émission de télé réalité US ou des blacks obèses se foutent sur la gueule. Et pire que tout: on n’a toujours pas été payé. Alors tu parles de l’oncle Sam, c’est la crise! Ce qui n’empêche qu’on aimerait bien aller jouer la bas un de ces 4, avant de devenir obèses (rires)

Propos recueillis par Gyslain Lancement

2 Responses to “Rebels of Tijuana: interview”


jipelove74
30 avril 2012 Répondre

hate de vous voir le 22 juillet à Nyon

Titi
24 mai 2012 Répondre

Faut pas oublier que Stax avait aussi le fameux « funky chicken » Rufus Thomas :)
Lui auriat surement aimé les rebels.
Quand au concerts, de toute façon on y voit moins de cigarettes que des machines à vapeur, de nos jours. Mais je pense que ce n’est pas le genre de fumée que le public des Rebels préfère, vu le nom 😉

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