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Écrit par
blogueur
09 octobre 2011 |  0 like   |  40 vues

De l’or pour les blacks: Jay-Z et Kanye West, « Watch the throne »

C’est au hip-hop que la palme de la « superproduction » reviendra cette année. Avec une certitude, que ce disque finira de faire germer: le rap US a un cran d’avance. A l’époque du black power d’Otis et Curtis, qui aurait cru que les rappeurs de demain seraient les principaux créanciers de la Soul d’autrefois? Voilà quarante ans que le « sample » se débite à tours de bras. Jay-Z, multimillionnaire qui réduit en miettes tous ses congénères à chaque nouvelle livraison et Kanye West, le dandy vocodé en baskets, ne sont pas les moins détestables du circuit mais font aujourd’hui figure de géant. L’idée ici n’est pas de gagner en popularité, le trône leur appartient depuis longtemps, mais avec cette première collaboration et contre toute attente, Jay-z et Kanye font mieux: « Watch the throne » apparaît comme un classique d’une qualité rare et apparement confinée à l’Ouest depuis « Dr Dre 2001 ».

Les albums underground sont souvent sujets à une abondance de featurings qui, au mieux font « multi-platiner » l’album, au pire faire perdre le fil à l’auditeur au bout de quatre titres. « Watch the throne » s’en moque et relie New-York à Chicago sur un même axe, une même vision, une collaboration flamboyante visant à réunir  l’insolence de deux capitaines au crochet d’un bling-bling d’excellence. Non seulement gonflé de rimes percutantes, l’album fait jouer dans une même cours les black activistes des 60’s et les jeunes premiers aux bagages déjà bien chargés (Frank Ocean, Mr Hudson). Les styles prolifèrent et l’harmonie obtempère, dans la puissance sauvage et tapageuse de « No church in the wild »,  le R’n’B étincelant de « New day » (qu’on croirait échappé de Paisley Park), le freestyle de « Who gonna stop me », le funk ultramoderne d' »Otis » ou le militantisme de « Murder to excellence ». En plus de ça, on distingue clairement l’empreinte des deux artistes qui se sont trouvés des atomes crochus sertis de diamants (« Why i love you »), déambulant casquette Yankee dans le luxe et l’enfer de la mode parisienne (« Niggas in Paris »), le tout dans un emballage classieux et clinquant signé Givenchy. Le hip-hop ne fera pas mieux en 2011.

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