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blogueur
24 août 2010 |  0 like   |  45 vues

I AM KLOOT – Retour en grâce

On croyait I Am Kloot fini. Stérile. Essoré. Le trio mancunien semblait avoir fait le tour de ses ritournelles acoustiques et de ses chroniques décalées. Après un premier album mythique, Natural history, qui avait l’audace de poser une pierre par-dessus les La’s sur l’édifice de la pop/folk anglaise ciselée, John Bramwell et ses copains ont poursuivi leur route avec deux très beaux albums, moins étincelants mais recelant de nouveaux miracles mélodiques. Puis est arrivé Play Moolah Rouge, ressassant des techniques et des mélodies un peu tièdes, et l’usure paraissait irréversible.

On n’aimait plus alors I Am Kloot que pour de mauvaises raisons : par politesse, pour leur glorieux passé.

Puis est arrivé, à pas feutré, l’inespéré Sky at night… Rares sont les artistes qui retrouvent une telle grâce après s’être érodés contre les vagues du temps. Et c’est peut-être la plus belle preuve que le groupe est génial.

Ne comptant plus seulement sur le touché unique et coloré d’Andy Hargreaves à la batterie, le groupe intègre du piano et surtout un somptueux ensemble de cordes à ses compositions nostalgiques. Epaulé à la production par le leader d’Elbow Guy Garvey, le trio se trouve sublimé, et les arrangements de cordes ne sont pas un faire valoir mais le véritable invité d’honneur de ce disque nocturne.

Varié, l’album évoque cet arbre sur la pochette : autour d’un tronc commun qui serait la voix profonde et éraillée du chanteur, chaque chanson est indépendante, comme ces branches diverses qui laissent fleurir des ballades modern-classics (Northern skies, Fingerprints), bourgeonner les ambiances jazz (It’s just the night),  s’effeuiller les refrains intimes (I still do). On trouve aussi des branches cassées, sans écorce, où la voix écorchée de Bramwell croque les nuits torchées par l’alcool (bouleversante To the brink). Et  puis il y a les branchages les plus élevés, épars et sinueux, nourris à la sève psychédélique des Beatles avec Lately et surtout cet incroyable Radiation dans lequel le violoncelle scande un leitmotiv 70’s qu’on dirait dirigé par le Sgt Pepper lui-même.

A nouveau, on peut aimer I Am Kloot pour les bonnes raisons : parce que leur musique est de toute beauté.

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