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Écrit par
blogueur
27 avril 2012 |  0 like   |  1 vues

Bellflower (+12ans) 2011, un trip sensoriel en apesanteur à la descente destructrice.

Préparez-vous à toucher l’horizon en planant le temps d’un métrage fait avec trois bouts de ficelles par un gars qui a du coeur et un sacré talent technique, j’ai nommée Evan Glodell. C’est la rage au ventre, après s’être fait larguer d’une romance fusionnelle et éprouvante, qu’il a écrit cette petite pépite, oeuvre nimbée d’autobiographie, viscérale, à la beauté illuminée, nous prenant par la main pour un avenir sans lendemains…
Sale période pour la terre et pour l’humanité car elles sont toutes les deux menacées d’une apocalypse qui ne saurait tarder… du moins c’est ce que Woodrow et Aiden, deux amis quasiment inséparables, pensent au plus profond d’eux-mêmes. Si le premier – Glodell himself, qui a tout fait : de l’écriture, en passant par la production jusqu’à la création de ses caméras, avec de plus un budget proche du néant qui au total avoisinait les 17‘ooo$… et ce réparti sur trois ans !!! – est mélancolique et introverti, tandis que l’autre est un playboy trop sure de lui, tous deux partagent le même rêve, celui de partir à l’aventure dans un univers ravagé, en proie au chaos total. Alors si Mad Max 2 est leur film de chevet et que le mini gang qu’ils ont créé s’arme contre les futurs adversaires qu’ils devront croiser, ce côté du film n’est certainement qu’un prétexte pour nous inviter à découvrir cette fable aux relents de souffre et à l’ambiance hallucinée.
Plus que d’amour perdu, Bellflower est avant tout une quête identitaire profonde pour ces amis encrés dans un monde vivant au jour le jour. Bloqués dans des corps d’adolescents tout le temps alcoolisés, ils refusent constamment le siège d’adulte dans lequel ils auraient dû s’installer depuis longtemps. Ainsi le seul fil rouge qui semblent les guider dans la vie, c’est la confection d’un lance-flamme et la customisation de la voiture qui devra l’accueillir (la splendide Medusa)… pour survivre en territoire hostile, mais surtout pour pouvoir s’amuser et frimer à 200 à l’heure, toutes flammes dehors ! Mais quand Woodrow tombe amoureux de Milly, les seuls points de repères qu’il entretenait avec passion semblent s’évaporer dans cette romance, alors que la jeune femme (tout aussi perdue que lui mais radicalement différente) l’avait mis en garde sur son côté éphémère. Donc quand la rupture arrive, c’est tout son fébrile univers qui est bousculé, voir anéanti et ainsi son existence va basculer vers une apocalypse. Mais, malheureusement pour lui, pas celle dont il avait rêvé…
Le moins que l’on puisse dire après la vision de ce film c’est que pour un premier essai, Glodell a réalisé une bande tout en émotions, pleine de passion et d’amour, avec un savoir faire indéniable et un plaisir de cinéma fou fou fou. A tel point que l’on aimerait serrer dans nos bras le héros (par analogie le réalisateur) qui ne demandait rien d’autre que d’ouvrir son coeur, dans ce moment de cinéma que l’on imagine rédempteur pour lui. Alors, si oui ça peut paraître longuet et pénible pour certains, l’envie de faire partager à ses spectateurs tant de tendresse et de questionnements, mariné à une bande son et des focales renvoyant directement au Drive de Nicolas Winding Refn, ce Bellflower est une réussite admirable. De bien belles fondations pour un début de carrière !

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